07/05 : Dushanbe - Farizobod 57 km en 3h32'
08/05 : Farizobod - croisement A372/M41 96 km en 8h00'
09/05 : croisement A372/M41 - route du col de Sagirdasht 80 km en 8h23'
10/05 : route du col de Sagirdasht - Darvaz 73 km en 7h15'
11/05 : Darvaz - Vallee de Vishcharb 82 km en 6h33'
12/05 : Vallee de Vishcharb - Pastchuv 92 km en 6h44'
13/05 : Pastchuv - Khorog 56 km en 4h21'
14/05 : Khorog - Dushanbe 18h de jeep !!!

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J'ai passe quatre jours a Dushanbe. Quatre jours a courrir d'une ambassade a l'autre, a faire la queue, a attendre, a perdre patience, a desesperer. Quatre jours pour rien... ou presque. Mon visa kirghize est en cours, mais n'est pas encore pret. Le consul du Pakistan m'a gentillement explique qu'etant donne qu'il n'existe pas de liaison aerienne directe entre de Tajikistan et le Pakistan, l'ambassade pakistanaise de Dushanbe ne delivre aucun visa touristique aux etrangers de passage. "Va a Beijing ou Hong Kong si tu passes par la Chine" m'a-t-il conseille ! La Chine, justement : apres trois bonnes heures d'attente sur le trottoir devant la porte de l'ambassade, j'ai enfin pu m'adresser a une aimable fonctionnaire qui, en moins de trente secondes, a regle mon dossier : "Pas de billet d'avion ? Pas de visa !". J'apprends par ailleurs que la Karakorum Highway, route qui relie le Pakistan a la Chine, est bloquee par une immense glissement de terrain qui a cree un lac de 3 km de long dans la vallee, coupant la route pour tout l'ete (au moins). Mes plans s'en retrouvent une nouvelle fois totalement chamboules. Je me retrouve dans une impasse. Il m'est desormais impossible de rejoindre l'Inde et le Nepal par voie de terre comme je l'avais initialement prevu. Prendre l'avion pour regagner l'Inde ferait perdre son sens a ce voyage. Tout ceci, ajoute a d'autres facteurs plus personnels, me fait envisager la possibilite d'un retour premature en France, a la fin de l'ete...

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Je repars donc de Dushanbe avec seulement mon permis GBAO en poche, sesame a 55 euros pour avoir acces a la region du Pamir. Heureusement, durant ces quatre jours, j'ai ete accueilli royalement par Nico et Ilona, deux Francais installes ici pour une annee. Ils m'ont permis d'oublier un peu tous ces tracas et de passer de bons moments dans la capitale tadjike.

Je quitte donc Dushanbe pour une semaine, avec l'objectif de parcourir la route me separant de Khorog, avant de revenir a Dushanbe...

Des la sortie de la capitale, la route se glisse dans des paysages montagneux d'une beaute epoustouflante. Les deux premiers jours, j'evolue dans une large vallee verdoyante. Bovins et ovins s'y delectent de l'herbe printanniere gorgee de chlorophyle, sous la surveillance attentive des bergers. Ces derniers sont souvent de jeunes enfants qui, en me voyant arriver, delaissent leur troupeau le temps d'un sprint dans ma direction, juste pour le plaisir de me saluer d'un "As salam" avec la main sur le coeur.

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La route M41 est une des principale route du pays. Elle constitue la seule voie d'acces a la region du Pamir et a la Chine. Pourtant, cette M41 n'est bien souvent qu'un maigre chemin caillouteux ou boueux taille a flanc de montagne. Je dois negocier beaucoup de passages a gue. Les torrents sont, a cette saison, gonfles par la fonte des neiges et certaines traversees se revelent perilleuses. Au milieu de l'un de ces gues, que j'avais decide de passer en poussant mon velo, le violent courant a commence a arracher mon velo du sol et a l'emporter dans ses flots dechaines. J'ai juste eu le temps de reculer pour eviter le pire. Quatre aller-retour m'ont ensuite ete necaissaires pour porter toutes mes saccoches, puis mon velo sur l'epaule, avec de l'eau glacee jusqu'a mi-cuisse.

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Dans le village de Tavildara, comme bien souvent, des enfants accourent a ma rencontre, s'approchent au plus pres et m'observent sans toutefois oser me parler, sachant que les etrangers ne comprennent pas leur langue. L'un d'eux se decide tout de meme a me demander d'ou je viens et, a sa plus grande surprise, je reponds a sa question, lui expliquant que je viens de France et que je suis parti il y a 10 mois. "Et de Dushanbe, tu as mis combien de temps ?" "3 jours". Tous les enfants me regardent alors avec des grands yeux : "Il comprend le tadjik !!! ..."

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La M41 me reserve mon premier haut col du Pamir, le col de Sagirdasht, perche a quelques 3252 metres d'altitude. La piste y est en tres mauvais etat, rendue tres boueuse par la fonte des neiges, mais les paysages qui s'offrent a moi valent largement toutes ces difficultes. J'y croise quelques marmottes et de nombreux bergers...

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De l'autre cote du col, une longue descente me mene, presque 2000 metres plus bas, dans la vallee de la riviere Panj, qui constitue la frontiere naturelle entre le Tadjikistan et l'Afghanistan. Je vais ensuite suivre cette riviere, qui n'est autre que le haut Amu-Darya, sur pres de 250 km, jusqu'a Khorog.

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La vallee est souvent etroite et extremement encaissee, herisee de pics aceres drapes de neige fraiche culminant parfois a plus de 5000 metres d'altitude. Les paysages y sont grandioses... Mais ils peuvent rapidement tourner au lugubre lorsque de lourds nuages noirs viennent s'accrocher aux sommets, plongeant la vallee dans l'ombre inquietante de ces immenses masses noires qui la dominent.

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Le l'autre cote de la Panj, parfois a a peine 50 metres de la route que je suis, se dressent de jolis petits villages afghans, batis de terre ou de pierres. Ils sont bien differents de leurs homologues tadjiks, aux maisons qui semblent plus grandes et au style architectural tres different. Cote afghan, aucune route ne relie ces petits villages. Un simple sentier, parfois taille a meme la falaise, permet aux villageois de se deplacer.

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J'y vois beaucoup de bergers guidant leurs troupeaux de chevres ou de moutons, mais aussi des "porteurs", qui remplacent les jeeps presentes du cote tadjik, ou encore des ecoliers et des ecolieres qui doivent parfois marcher plusieurs heures pour se rendre a l'ecole.

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Sur toute cette route, je recois un accueil excellent. Pour les Tadjiks, comme pour les Turcs ou les Iraniens, l'accueil de l'etranger (et du voyageur) reste ancre de la culture. Un soir, alors que je campais a l'ecart de toute habitation, un berger, qui avait du me reperer de loin avant la tombee de la nuit, est venu pour m'offrir un grand verre de lait encore chaud. Il me l'a tendu sans mot dire, a attendu que je le boive entierement, que je le remercie, puis s'en est retourne sans ouvrir la bouche.

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Un autre jour, ce sont des ouvriers qui travaillaient a la construction d'une maison dans un petit village qui m'ont invite a partager leur repas de midi : de la shorba (une soupe assez grasse avec quelques morceaux de viande de mouton, que l'on mange avec quantite de pain), accompagne de choy, mais aussi de quelques verres de vodka !!!

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J'arrive a Khorog, seule "ville" a des centaines de kilometres a la ronde, apres 7 journees de route. J'y laisse mon velo pour quelques jours, le temps de revenir a Dushanbe pour recuperer mon visa kirghize... et retrouver un etre cher...

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