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Je fais mon entree au tadjikistan le 30 avril 2010, apres un passage houleux a la douane ouzbeque. La route qui doit me mener a Dushanbe remonte la vallee du Zarafchon. Des la frontiere franchie, les montagnes se redressent et la vallee devient de plus en plus etroite. Le contraste avec les vastes plaines ouzbeques est rude et je suis ravi de ratrouver les montagnes ! L'etroite route, ou alternent bitume defonce et gros galets, se fraye un passage entre la riviere et les montagnes aux pentes abruptes. En levant la tete, je peux apercevoir, jouant a cache-cache avec les nuages, des sommets culminant a plus de 5000 metres. Ici chaque parcelle de terre plus ou moins plate est cultivee et de petits villages s'eparpillent sur ces zones de verdure. L'accueil que j'y recois est excellent.

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Deux gosses d'a peine dix ans me suivent durant plusieurs kilometres, galopant a mes cotes sur leurs anes. Ils rient a en perdre haleine. Quel bonheur ! Plus loin, c'est un vieillard edente qui dans une longue cote, me suit aussi. Le rythme des anes me convient plutot bien !

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Alors que je fais une petite pause pres d'un petit village, une femme et sa fille viennent a ma rencontre. La jeune fille me tend une boule de fromage frais que je devore en quelques minutes. Elle repart alors chez elle pour m'en amener une deuxieme "pour la route".

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Les tajiks sont d'origine parsane et parlent le farsi, comme en Iran ou en Afghanistan. Ils se distinguent donc de leurs voisins ouzbeks, Turkmenes ou Kirghizes, qui sont d'origine turco-mongole et parlent des langues d'origine turque. Je parviens donc a communiquer avec les quelques mots de farsi que j'ai appris en Iran, et les tajiks sont tres surpris de voir que je peux comprendre et parler un peu leur langue, car normalement la langue de communication avec les etrangers est le russe (langue parlee par une grande majorite de la population, surtout dans les villes).

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A Aini, deux gosses me sautent dessus a l'entree du village pour me dire que deux cyclistes viennent d'arriver juste avant moi et qu'ils sont alles dans une guesthouse pour dormir. L'orage menacant, je decide de les suivre. Je fais alors la connaissance de Elyas et Reinert, un Autrichien et un Allemand. Le premier est parti en janvier dernier d'Allemagne et le second l'a rejoint recemment a Tachkent. Nous nous regalons d'un petit festin de cycliste !

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Le lendemain matin, il tombe des cordes. Nous decidons de rester a l'abri et d'attendre l'accalmie. Celle-ci arrive vers 11 heure et nous reprenons la route tous les trois. La vallee est de plus en plus etroite et aride. Les village se font de plus en plus rares. Les sommets enneiges nous surveillent du coin de l'oeil. Au village de Zarafchon, nous nous separons. Elyas et Reinart prennent une autre route que moi pour aller voir un lac dans les montagnes. Moi, je choisis de me rendre directement a Dushanbe.

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Une haute chaine de montagne me separe encore de la capitale tadjike. L'ancienne route gravit un col a 3372 metres d'altitude. Mais ce col n'a toujours pas ete ouvert depuis l'hiver et il serait trop dangereux de s'y aventurer avec mon velo. La seule autre option pour rejoindre Dushanbe est d'emprunter la nouvelle route, qui passe par un tunnel creuse sous la montagne, a quelques 2700m.

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La route s'eleve brutalement. Les paysages deviennent grandioses. La neige fait son apparition sur la bord de la chaussee. Je campe ce soir-la a 2550 metres d'altitude. Je retrouve alors la fraicheur hivernale et le ciel pur des montagnes...

Le lendemain, je dois franchir le tunnel : 6 km d'une route defoncee creusee dans la roche avec d'enormes flaques boueueses et un eclairage plus que precaire. Terrifiant ! L'air est sature de gaz d'echappement et par endroit, l'obscurite est totale. Le maigre faisceau de ma lampe frontale n'eclaire pas plus que les 2 ou 3 metres a l'avant de mon guidon. Je pedale a tatons, essayant d'eviter les plus gros trous, le coeur battant la chamade. Heureusement, la route est tellement mauvaise que les rares vehicules qui circulent ici vont tres lentement et ne representent pas le danger que je craignais en entrant dans ce tunnel. Je suis quand meme soulage lorsque je vois enfin poindre la lumiere au loin.

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Je debouche alors dans la vallee de Varzob et d'immenses montagnes enneigees me font face. Je n'ai maintenant plus qu'a me laisser descendre jusqu'a Dushanbe. Par endroits, des vestiges de coulees d'avalanches forment d'impressionnants murs de neige de plusieurs metres de haut de chaque cote de la route !

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Me voici donc a Dushanbe, la petite capitale tadjike. J'y suis accueillis par Nicolas et Ilona, deux francais installes ici depuis quelques mois. Et apres ces quatre jour de velo, le quotidien du voyageur en Asie Centrale reprend le dessus : la galere des visas ! Kirghizistan et Chine. Il me faut imperativement ces deux visas ici. Le premier est tres facile a obtenir et ne pose pas de probleme, mais pour le second, c'est une autre paire de manches ! Pour l'instant, on ma dit NIET. Mais je vais retenter ma chance vendredi... IMG_9894.JPG