Si On Jouait - A vélo en Asie

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lundi, janvier 18 2010

Question de la semaine : Van - Dogubeyzit

Question en image et la reponse se fera aussi en image ! J'innove encore...

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Van - Dogubeyazit : du 10 au 18 janvier 2010 : Dans un ecrin de diamants

10/01 : Van - Muradiye 96 km en 5h24'
11/01 : Muradiye - Dogubeyazit 91 km en 5h12'
du 12 au 18/01 : Dogubeyazit - Trabzon - Erzurum - Dogubeyazit en bus.

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Malgre son isolement geographique, Van est etonnament une ville moderne et active. Sa forte population estudiantine y est certainement pour quelque chose. J'y vois moins de voiles et beaucoup plus de couples main dans la main ou de jeunes gens se promenant dans les rues - pourtant glaciales - que partout ailleurs dans le sud-est anatolien. Les garcons arborent des coupes de cheveux "a la footballeur italien" et les filles tentent d'etre sexy tout en se protegeant du froid...

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En quittant Van, quelques soucis mecaniques me permettent de faire la rencontre de Ramazan et Ferhat, deux mecanos qui m'aident a reparer puis m'invitent a boire quelques thes et a partager leur kahvalti (petit dejeuener). Ils sont kurdes et, comme bien souvent, la conversation se dirige sur le terrain politique. Ils me parlent de leur "president" Ocalan emprisonne et de tout le mepris qu'ils ont pour le gouvernement turc.

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La route entre Van et Dogubeyazit est une pure merveille, encore embellie ces jours-ci par la neige et un beau soleil d'hiver. Je traverse ici des paysages d'une purete exceptionnelle. Je pedale dans un ecrin de diamants...

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Sur ma droite s'etire une longue chaine montagneuse aux formes douces, scintillant sous un soleil de glace. Sur ma gauche, les eaux outremer du lac de Van refletent l'imposante silhouette du Volcan Suphan. De temps a autres, quelques herbes d'or percent la neige pour briller de mille feux au premier plan du tableau. Devant moi, la route file droit vers des sommets immacules...

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C'est pour ces moments-la que j'aime voyager ainsi, pour ces instants de plenitude, ces fragments de bonheur, d'un bonheur simple qui me fait oublier le reste du monde et me permet de m'evader dans ces paysages d'une serenite absolue. J'en apprecie meme le froid vif qui me tire les joues et me brule le bout des doigts. Je ne vois plus les vehicules qui circulent sur la route. Je suis seul. Je suis bien.

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Lorsque je plante ma tente dans la vallee de Muradiye, a l'extremite nord du lac, le soleil est en train de se coucher et il fait deja -5 degres. Le vent se leve... Un homme passant sur le chemin pres duquel je m'installe m'invite a passer la nuit chez lui, au chaud et avec un bon repas. Mais je decline son invitation, preferant rester seul cette nuit et dormir berce par le murmure du vent qui souffle une douce melodie sur les hauteurs de la vallee.

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-10.0 degres. C'est ce que mon thermometre affiche ce matin. Il ne descend pas plus bas de toute facon ! Il fait peut etre -13 ou -15 en realite, mais -10, c'est mieux pour le moral. J'ai quitte mon bivouac il y a deux heures deja et j'ai l'impression qu'il fait de plus en plus froid. Un petit vent du nord givre tout sur son passage. Des vagues de neige dansent sur l'asphalte gele. La riviere que je remonte est figee et en arrivant dans le village de Caldiran, je vois des gosses jouer sur la glace... Quand le boulanger chez qui je m'arrete pour acheter du pain m'invite a boire un the et a me rechauffer pres du fournil, je ne dis pas non cette fois-ci...

Peu apres Caldiran, le soleil se montre un peu plus vaillant et fait remonter le mercure a -5 degres. J'ai presque chaud ! La route s'eleve lentement vers le col de Tendurek (2644m) et traverse de petits villages aux maisons camouflees derriere d'enormes meules de foin.

De l'autre cote du col se devoile l'enorme, l'immense Mont Ararat qui, avec son petit frere, domine la vallee de Dogubeyazit.

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"Dans le centre de l'Armenie se dresse une montagne excessivement large et haute sur laquelle, dit-on, se serait echoue l'Arche de Noe" (Marco Polo, Les Voyages de Marco Polo).

Culminant a 5165 metres d'altitude, le Mont Ararat est le plus haut sommet de Turquie. Selon la legende biblique c'est sur le sommet de ce volcan que l'Arche de Noe se serait echoue apres le deluge.

Dans le livre de La Genese, l'histoire de l'arche de Noé, commence lorsque Dieu observe la méchanceté et la perversité des hommes, et décide de faire tomber un Déluge sur la terre pour y détruire toute vie, « depuis l'homme, jusqu'aux bestiaux, aux bestioles et aux oiseaux du ciel ». Un homme, Noé, trouve toutefois grâce aux yeux de Dieu. Il est choisi pour survivre et perpétuer sa lignée. Dieu, pour cette raison, dit à Noé de construire une arche et d'emmener avec lui sa femme, ses fils ainsi que leurs épouses, sans oublier des spécimens de toutes les espèces animales existantes. Une fois l'arche terminée, Noé monta à bord avec toute sa famille et les animaux, et la pluie tomba ensuite sans discontinuer sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. Les eaux finirent par couvrir même les plus hautes montagnes. Toutes les créatures vivantes s'éteignirent, et seuls Noé et les siens purent survivre. Finalement, au bout d'environ 220 jours de navigation, l'arche vint s'échouer sur les monts d'Ararat.

Cette legende de l'Arche de Noe n'est finalement pas si bucolique que ca... Le premier genocide de l'humanite ce Deluge ???

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Au pied du Mont Ararat est posee la petite cite de Dogubeyazit, a 1650 metres d'altitude et a seulement 35 km de la frontiere iranienne. Mais pour obtenir le precieux sesame d'entree en Iran, je dois aller au consulat de Trabzon, a quelques 600 km de la, sur la cote de la Mer Noire. Je m'y rends en bus et obtiens un visa de 30 jours en moins de 2 heures.

Sur le chemin du retour, je fais une halte a Erzurum, la plus grande ville de l'est de la Turquie, sise a quelques 1950 metres d'altitude, dans un environnement glacial... si glacial que l'on peut y skier ! La station de ski de Palandoken, a 5 km du centre-ville, est la plus grande du pays avec huit remontees mecaniques pour une trentaine de pistes. J'y taille quelques courbes en compagnie de Mahmud, un membre de l'equipe nationale de slalom, qui se prepare pour une competition le lendemain. Malheureusement la meteo plutot "auvergnate" (= brouillard et gros vent) ne me permet pas de voir cette station sous son plus beau profil...

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Erzurum, comme Trabzon ou Van sont des villes actives, jeunes et modernes. Le contraste entre la Turquie des villes et la Turquie des campagnes et souvent extreme. La vie dans les villages reste pronfondement traditionnelle - et d'autant plus ici, dans l'est anatolien - avec une separation stricte entre hommes et femmes, des revenus minimes et pour beaucoup de rudes travaux dans de petites exploitations agricoles familiales ou les enfants doivent souvent aider leurs parents des leur plus jeune age et ne peuvent ainsi pas suivre une scolarite complete. Dans les villes, au contraire, l'evolution est rapide et les moeurs changent. Les etudiants y sont pour beaucoup et la jeunesse turque semblent vouloir de plus en plus vivre "a l'occidentale".

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De retour a Dogubeyazit, je m'apprete a quitter la Turquie, cette fois definitivement, pour poursuivre ma route vers l'est, a travers un Iran qui me fascine deja...

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samedi, janvier 9 2010

Question de la semaine : Mardin - Van : du 30/12/09 au 09/01/10

Attention il y a 3 photos...

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Mardin - Van : du 30/12/09 au 09/01/10 : Soğuk, soğuk !

31/12 : biv. avt Mardin - Mardin 14 km en 1h36'
01/01 : Mardin - Savur 61 km en 3h41'
02/01 : Savur - Mar Yakub 60 km en 3h47'
03/01 : Mar Yakub - Batman 83 km en 4h18'
04/01 : Natman - Baykan 96 km en 5h08'
05/01 : Baykan - Bitlis 48 km en 3h37'
06/01 : Bitlis - Nemrut Dağı 59 km en 4h10'
07/01 : Nemrut Dağı 13 km en 1h33'
08/01 : Nemrut Dağı - Balaban 91 km en 5h44'
09/01 : Balaban - Van 65 km en 3h24'

Apres une petite escapade de deux mois dans le monde arabe, entre Syrie, Liban et Jordanie, je retrouve avec bonheur un pays que j'ai beaucoup apprécié : La Turquie. Mais si je l'avais quittée au milieu de l'automne, je la retrouve cette fois-ci plongée au coeur de l'hiver...

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C'est le 30 décembre, a Nusaybin, que je franchis la frontiere. Une pluie glaciale m'accueille. Elle me tiendra compagnie cinq jours durant, ne me laissant qu'une journée de répit du coté de Mardin.

Mardin est un petit joyau accroché tel un nid d'aigle sur les pentes d'une colline dominée par un citadelle. La ville toute entiere regarde vers le sud et semble veiller sur les plaines fertiles de Mésopotamie quelques 700 metres en contrebas. Dans le coeur de cette cité couleur de miel, un petit bazar s'étire dans le dédalle des ruelles escarpées... tellement escarpées que seuls les anes peuvent venir ravitailler certaines échoppes.

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Je sens souffler ici un vent de fraicheur et de liberté en me laissant porter par le flot des passants dans la rue principale. J'y vois des couples se promenant main dans la main et de jeunes femmes souriantes osant dévoiler leurs cheveux. Pas l'ombre d'une burqa ou d'un tchador. Je suis pourtant dans l'une des régions les plus conservatrices de Turquie. Mais en venant de Syrie et Jordanie, le contraste est frappant !

Sur la route de Savur, je me rends compte que l'hiver est bel et bien arrivé. Lorsque j'avais quitté la Turquie il y a deux mois, les arbres étaient encore partiellement recouverts de feuilles jaunes ou orangées. Désormais, ils sont nus comme des vers ! L'air est froid et humide et la route suit le cours d'un ruisseau qui a retrouvé toute la vigueur.

Brouillard, pluie et température dépassant guere les cinq degrés sont mon lot pour les trois jours suivants. Heureusement, je retrouve l'incroyable hospitalité turque (ou plutot kurde) et peux régulierement me réchauffer avec quelques verres de thé, du pain, du miel ou du fromage. A chaque fois, on me demande ou je vais et lorsque je réponds que je me rends a Van, on me répond invariablement : "Van ? Il fait tres froid la bas, et il y a beaucoup de neige !" et certains ajoutent meme quelques gestes pour me montrer que j'aurai de la neige jusqu'aux genoux !!!

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Hasankeyf est une autre perle de la région, mais une perle en péril. Elle surgit au beau milieu d'un paysage terne, surplombant la vallée du Tigre avec sa citadelle et ses habitations troglodytiques. Mais la mort du village est programmée. Dans quelques années, cette perle sera engloutie sous les eaux du barrage d'Ilisu, dans le cadre du projet GAP: Ce barrage innondera toute la vallée sur une centaine de kilometres et provoquera le déplacement de 37 villages. Et malgré les protestations qui ont retardé le début des travaux, rien ne semble pouvoir inverser la tendance...

Chaque soir, il tombe des trombes d'eau. Mes bivouacs sont de plus en plus boueux. Apres etre passé pres de Batman (oui, oui, Batman !!!), je rejoins le cours de la riviere Bitlis, qui a pris des allures de fleuve amazonien. Je le remonte le long d'une vallée encaissée et lugubre. De rares villages s'accrochent aux pentes boueuses et les petites maisons de pierres semblent se blottir les unes contre les autres pour se protéger du froid et de la pluie. Au-dessus, les pentes se perdent dans les nuages. Le vent souffle encore fort ce soir la et je m'arrete pour bivouaquer a l'abri d'une foret de coniferes.

Apres la pluie vient le beau temps a-t-on coutume de dire. Mais parfois ce n'est pas le cas...

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Lorsque je me leve ce mardi 5 janvier, apres qu'il ait encore plu une bonne partie de la nuit, il ne tombe plus que quelques petites gouttelettes. Je crois voir venir une accalmie. C'était un leurre ! Le ciel reste désespérement gris. Je remonte en selle et reprends ma lente remontée de la vallée de Bitlis. Sur ma droite rugit un torrent boueux. La température fléchit a mesure que je m'éleve et les premiers flocons apparaissent vers 1000 metres d'altitude. La vallée blanchit a vue d'oeil. Tous les véhicules que je croise sont recouverts d'une épaisse couche de neige et les conducteurs me regardent d'un air effaré. Certains ouvent leur vitre et me crient : "Soğuk, soğuk !" (Froid, froid !).

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La chaussée commence a blanchir lorsque j'arrive a Bitlis. Je décide d'en rester la pour aujourd'hui et trouve un petit hotel pour me réchauffer.

Le lendemain matin, le ciel est clair et je me hate a reprendre la route... mais celle-ci est une véritable patinoire ! Il est tombé 20 a 30cm de neige. Je négocie au mieux quelques glissades et parviens a maintenir le cap. Mais rapidement, le brouillard tombe. Un brouillard ou il regne une température de moins cinq degrés. Tout est blanc, y compris la route ! Je franchis ainsi le col me séparant du lac de Van et descends prudemment vers Tatvan. Je me réfugie dans la premiere maison de thé venue pour me réchauffer.

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Le soleil pointe le bout de ses rayons en début d'apres-midi et j'en profite pour reprendre la route le long du lac, puis en direction du volcan Nemrut Dağı, dont je m'étais promis de faire l'ascension. Une petites route verglacée en gravis les premieres pentes. Mais je me vois obligé de m'arreter plus tot que prévu. Yana est victime du gel : dérailleur, freins et chaine sont pris dans la glace ! J'installe donc ma tente dans la poudreuse, par moins huit degrés...

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Je reprends mon ascension le lendemain quand le soleil a eu raison de la glace. La route est en grande partie enneigée, mais je suis surpris de l'adhérence que je peux avoir et parviens a avancer tant bien que mal. Dans le village de Şentee, des gosses font de la luge dans les rues. Je les croise en souriant. Un homme qui déneige le toit de sa maison me crie : "Soğuk, soğuk !"

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Yana me conduit jusqu'au bout de la route, a 2240 metres d'altıtude, ou une station de ski est en voie de construction. Je poursuis l'ascension a pied en direction du sommet.

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En 2 heures, j'arrive au bord du cratere, au fond duquel se niche un lac en forme de demi-lune. Tout autour de moi se déloie un paysages de montagnes immaculées flottant au-dessus d'une mer de nuages qui dissmule le lac de Van.

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Au nord, le volcan Süphan Dağı domine tous les autres sommets du haut de ses 4000 metres.

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De retour pres du lac, je bivouaque au meme endroit que la veille.

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Peu avant le coucher du soleil, un viel homme vient a ma rencontre et me dit que c'est dangereux de dormir ici, qu'il va faire tres froid et qu'il y a des loups. Je lui dis qu'il n'y a pas de probleme, que je suis bien équipé et que j'aimerais bien en voir un, de loup ! Mais je le vois, en s'éloignant, sortir son téléphone portable. Ca n'a pas loupé, vingt minutes plus tard, je vois les gendarmes arriver. Heureusement, ils sont moins cons que leurs collegues syriens. Ils me mettent en garde contre les loups qui descendent chasser par ici la nuit et le froid, puis finissent par me souhaiter une bonne nuit et meme par se prendre en photo avec moi avant de partir !

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Pour rejoindre Van, j'emprunte la route qui contourne le lac par le sud, s'enfonçant dans des vallées glaciales et franchissant un col a 2235 metres avant de rejoindre la cote jusqu'a Van.

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Je m'offre un nouveau bivouac enneigé aux pieds de sommets a plus de 3000 metres avant d'arriver a Van.

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dimanche, novembre 8 2009

Diyarbakir - Akcakale : du 28 octobre au 3 novembre 2009

28/10 : Diyabakir
29/10 : Diyarbakir - biv ap. Ovabag 63 km en 4h28'
30/10 : biv ap. Ovabag - Viransehir 48 km en 2h19'
31/10 : Viransehir - Sanliurfa 104 km en 6h16'
01 et 02/11 : Sanliurfa
03/11 : Sanliurfa - Harran 60 km en 3h01'

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Diyarbakir est consideree par les Kurdes comme leur capitale en Turquie, mais c'est surtout une ville a l'atmosphere incomparable. Cerclee par de hauts remparts de basalte, elle est tout a la fois rude, mysterieuse et envoutante. Je la decouvre sous la pluie et un ciel gris et triste qui en renforce la noirceur et le cote mysterieux. Dans la cour de la grande mosquee, des hommes aux moustaches soignees vetus de salvar (larges pantalons traditionnels arabes) et coiffes de foulards mauves palabrent entre les deux sadirvans (fontaines a ablutions). En me perdant dans le dedalle de ruelles labyrinthique, je fais quelques rencontres etonnantes : Ahmet, l'ex taulard qui fume du hashish et m'invite a boire quelques thes chez lui ; Firat le guide touristique qui me parle de ses problemes de coeurs avec une Americaine tout en sirotant un ou deux verres de the dans l'atelier de son oncle qui repare et vend des antiquites.

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Au detour d'une ruelle, une delicieuse odeur de pain frais me mene jusque dans une petite boulangerie ou l'on m'offre un pain encore brulant agremente d'une ribambelle de sourires et de "bienvenue mon ami". Un peu plus loin, un jeune vendeur de simits deambule avec ses petits pains ronds au sesame disposes sur un plateau qu'il tient en equilibre sur la tete...

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C'est sous un ciel aussi noir que les murs d'enceinte de la ville que je quitte Diyarbakir. Une route boueuse longe le Tigre, qui n'est ici encore qu'un maigre cours d'eau, avant de s'elever vers le plateau basaltique. Quelques villages sont plantes sur ces immensites ou seules les pierres semblent pouvoir sortir de terre dans les champs de glaise. Quelques troupeaux de vaches, moutons ou chevres y trouvent pourtant leur subsistance.

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Dans un de ces villages austeres aux maisons de basalate cerclees de murs noirs, on m'invite a boire un cay et a manger un bout de fromage et de pain. Les hommes y portent le foulard mauve typique de la region kurde et les femmes des vetements tres colores. Un militaire, kalachnikov en bandouliere, est la aussi... pour proteger ou surveiller le village, je ne sais pas trop... En quittant ce hameau, une dizaine d'enfants me suivent en galopant joyeusement a mes cotes.

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Un peu plus loin, le plateau devient desert et la pluie se met a tomber. Je plante ma tente a quelques 1500 metres d'altitude alors que l'orage eclate. Ma tente "made in China" achetee a Kayseri montre ses limites et prend l'eau de toutes parts !!!

Au petit matin, je suis trempe et mes affaires aussi. Il fait 5 degres et un brouillard epais est tombe sur la region. L'hiver arrive doucement sur la Turquie... Je repars sur la piste boueuse qui me mene jusqu'a Viransehir ou je me refugie dans le premier hotel venu pour me secher et prendre une douche bien chaude, regardant les informations televisees qui montrent les importantes chutes de neiges qui ont eut lieu dans l'est du pays...

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Le lendemain, j'arrive a Sanliurfa, toujours sous un ciel gris et triste. Sanliurfa se trouve a seulement 50 km de la frontiere syrienne, et l'influence arabe y est deja bien perceptible. Le bazar, avec ses ruelles animees et son plan labyrinthique m'emmene dans un monde hors du temps. Apres avoir deambule etre les vendeurs d'epices ou de fruits secs, entre les ferrailleurs, les couturiers et les menuisiers, les bouchers, les cordonniers et les vendeurs de textiles et de chaussures, je debouche dans la cour d'un ancien caravanserail ou des dizaines d'hommes moustachus jouent au backgammon, aux dames ou aux dominos tout en ingurgitant des litres de the.

A Sanliurfa, je suis accueilli par Celen et Martam. Le premier est sculpteur et dessinateur, la seconde est etudiante en musique. Je decouvre chez eux une autre facette de la Turquie, celle d'une jeunesse qui veut vivre a l'occidentale s'eloignant des codes et des interdits dictes par la religion.

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La region qui s'etend au sud-est de Sanliurfa etait, il y a quelques annees encore, un desert. Mais le barrage Ataturk, construit sur le cours de l'Euphrate, a permis d'irriguer toute la region et l'on y cultive aujourd'hui coton et mais principalement. Pres de Harran, sans doute l'un des villages les plus vieux du monde, je suis accueilli par Mehmet et sa famille. Ils invitent pour l'accosion un autre Mehmet, parlant anglais, pour faire la traduction ! Ce dernier est prof de turc a l'ecole du village et m'apprend beaucoup de choses sur le systeme scolaire ici et notamment que si, theoriquement, l'ecole est obligatoire pour tous les enfants de 6 a 14 ans, ici, beaucoup d'enfants doivent aider leurs parents a travailler dans les champs durant un bonne partie de l'annee et ne suivent les cours que pendant les mois d'hiver. C'est ainsi que sur 45 inscrits dans sa classe, ils ne sont qu'une quinzaine a venir actuellement. C'est une difference importante entre l'est et l'ouest de la Turquie, ou tous les enfants ou presque sont scolarises toute l'annee.

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Je quitte donc la Turquie apres cette derniere nuit en tant que "misafir" et je me dirige vers la Syrie. Je reviendrai en Turquie a la fin du mois de decembre si tout va bien. Ce sera alors l'hiver qui m'accueillera et qui m'accompagnera sur les routes montagneuses et enneigees et l'est de l'Anatolie...

mercredi, octobre 28 2009

Question de la semaine : Kayseri -> Diyarbakır - TURQUIE

Bravo pour vous bonnes réponses a les derniere question

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mardi, octobre 27 2009

Kayseri - Diyarbakır : du 16 au 27 octobre 2009 : etre misafır en Turquie...

16/10 : Kayseri - Erciyes Kayak Merkezi 28 km en 3h03'
17/10 : Erciyes Kayak Merkezi - Erciyes Dağı - Erciyes Kayak Merkezi 8h de marche
18/10 : Erciyes Kayak Merkezi - biv. ap Küçük Gezbeli Geçidi 95 km en 5h39'
19/10 : biv. ap Küçük Gezbeli Geçidi - Kırkısrak 85 km en 5h17'
20/10 : Kırkısrak - biv ap. Gücük 102 km en 5h31'
21/10 : biv ap. Gücük - Kürecik 35 km en 2h25'
22/10 : Kürecik - Malatya 65 km en 3h33'
23/10 : Malatya - Yangalı 59 km en 4h12'
24/10 : Yangalı - Nemrut Dağı 48 km en 5h00'
25/10 : Nemrut Dağı - biv. ap. Siverek 95 km en 6h15'
26/10 : biv. ap. Siverek - Gülpınar 40 km en 2h20'
27/10 : Gülpınar - Diyarbakır 51 km en 2h38'

Si l'accueil turc était excellent dans l'ouest du pays, il devient, a mesure que je m'enfonce vers l'est, tout a fait exceptionnel. Les verres de çay que l'on m'offrait la-bas se transforment ici en véritables repas et je deviens bien souvent le misafır, l'invité que l'on est heureux et fier d'avoir chez soi.

En quittant Kayseri, je n'ai d'yeux que pour lui. Sa silhouette altiere domine largement tous les environs. Quelques zébrures de neiges coiffent sa cime rocheuse. La route s'éleve droit vers lui avant de bifurquer vers l'est pour atteindre un large col a quelques 2235 metres d'altitude. Un embryon de station de ski se développe ici. Deux télésieges et deux téléskis ont déja balafré les premieres pentes, mais un projet tres ambitieux devrait, d'ici quelques années, défigurer toute la base de la face est de l'Erciyes Dağı...

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Je plante ma toute nouvelle tente (achetée a Kayseri) au-dessus d'un hotel en construction et me prépare a l'ascension du lendemain...

Pour feter mon 26eme anniversaire, je m'offre le plus haut sommet d'Anotolie centrale. 3917 metres de bonheur au terme d'une belle ascension sur ce volcan éteint dont les plus beaux atouts ne se dévoilent qu'en approchant la cime. J'ai meme le plaisir d'utiliser mon piolet et mes crampons sur les névés gelés et fortement inclinés des dernieres pentes...

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Apres mon ascension de l'Erciyes Dağı, je me dirige vers le sud-est et évolue dans le massif des Monts Taurus. L'étroite route au bitume usé serpente au coeur de montagnes pelées. Dans le fond des vallées, de maigres de cours d'eau permettent a quelques villages de s'installer. Des peupliers aux feuilles d'or se tiennent en rangs serrés, bordant les canaux qui permettent aux villageois de cultiver quelques hectares de terre qu'un tapis de feuilles mortes couvre un peu plus jour apres jour.

Je me plais a choisir les plus petites routes possibles lorsque, chaque soir ou presque, je redéfinis mon itinéraire. Elles me menent souvent dans des petits coins de paradis ou se nichent quelques maisons de pierres. Les panneaux indicateurs se faisant rares, je suis alors obligé de demander mon chemin a un vieil homme juché sur son ane, un paysan secoué par son tracteur toussotant ou une jeune femme balayant devant sa porte. Bien souvent, les explications me sont données autour de quelques verres de çay et je repars chargé de quelques pommes, poires ou d'un peu de pain pour la route.

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Dans l'un de ces minuscules villages, un enfant étonné de me voir la me demande si je suis bien un touriste ! Un peu plus loin, dans un autre hameau nommé Kırkısrak, je m'arrete pour prendre de l'eau. Je repars apres qutre verres de thé et avec des poires dans les poches. En sortant du village, je rattrape deux écoliers vetus de leur uniforme bleu marine, rentrant chez eux apres la classe, dans une ferme isolée a un kilometre en dehors du village. Le plus grand s'appelle Rahat et a 14 ans. Le plus jeune s'appelle Yusuf et 8 ans. Rahat m'invite a boire un thé chez lui. J'accepte volontiers. A deux cents metres de chez lui, il hurle a sa mere, fier comme un petit coq : "Maman, prépare le thé, j'ai un invité !".

Le thé se transforme en véritable repas et Rahat me demande si je ne voudrais pas dormir ici plutot que de planter ma tente dans le froid des montagnes ou rodent des ours et des loups...

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Rahat vit ici avec ses parents et sa grande soeur. A l'aide de mon dictionnaire de poche que nous nous échangeons a chaque phrase, nous arrivons a parler de beaucoup de choses. Rahat est tres curieux et veut tout savoir. Il me raconte aussi beaucoup de choses sur lui et sa famille. Il a 14 ans et est en huitieme et derniere année de l'école "primaire" . Il ira enseuite au lycée, dans la ville voisine, puis certainement a l'université. Son reve est de devenir pilote d'avion. Si Rahat possede un ordinateur et aime jouer aux jeux vidéos ou écouter de la musique, il apprécie aussi aider ses parents dans les travaux de la ferme : s'occuper des vaches ou travailler dans les champs. Comme tout le village, Rahat et sa famille son kurdes et, le soir venu, ils regardent avec attention les informations télévisées annonçant le retour de chefs du PKK exilés en Irak depuis plusieurs années.

Apres le village de Tanır, ou Mahmud m'invite a partager un petit déjeuner gargantuesque avec sa femme et sa mere, mon second en 30 km, je quitte les montagnes escarpées et rejoins la plaine d'Erdistan, qui se tranforme vers l'est en steppe vallonnée. Désormais, la campagne turque est nue et ne présente au voyageur plus que des champs de terre grise et poussiereuse qui finissent d'etre labourés pour se préparer aux rigueurs de l'hiver. Les dernieres récoltes de patates et de betteraves a sucre sont terminées. Ce soir-la, je plante ma tente au milieu d'une plantation d'abricotiers, les seuls arbres a des kilometres a la ronde. Ils entourent quelques vignes qui semblent etre a l'abandon. Un vieil homme perché sur un ane boitilleux sort de nulle part et vient me voir pour me dire que le raisin est bon et que je peux me servir, avant de s'en retourner pour disparaitre derriere une colline.

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Le lendemain, apres 30km et un petit col franchi dans des paysages ondulant sous le soleil, je commençais a me demander se je pouvais pédaler toute la journée sans etre invité une seule fois a boire un çay... La réponse est arrivée juste apres, lorsque deux hommes me font signe de m'arreter et me crient "Gel, gel, gel ! (viens, viens, viens !)". En quelques minutes, je me retrouve avec du pain tout chaud dans une main et un verre de thé dans l'autre, assis sur un petit tabouret en plastique, derriere la tente ou vivent Cihan, son frere Ramazan et leurs parents, Döne et Salih. Ils vivent ici, sur le bord de la route durant les mois d'été et vendent des fruits et du miel. En ce moment, ce sont les pommes et surtout les poires qui remplissent les cagettes.

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Döne est en train de cuire du pain : de fines galettes cuites sur une plaque de métal disposées sur un feu de bois. La dexterité avec laquelle elle confectionne ces pains a l'aide d'une simple baguette de bois est impressionnante... et le résultat est tout simplement succullent, surtout lorsqu'il est badigeonné de beurre ou fourré d'une préparation d'épinards et d'oignons.

Apres quelques minutes, Cihan me dit : "Ce soir, tu ne vas pas aller jusqu'a Malatya, c'est tres loin. Tu vas te reposer et dormir ici. Et demain tu seras en pleine forme pour aller a Malatya". Il n'est que 11 heures, mais j'accepte assez facilement !!! Je passe donc la journée avec mes hotes, buvant des litres de çay et m'essayant au backgammon (mais Ramazan et Cihan sont experts en la matiere). Ramazan trouvant mes vetement trop sales (ah bon ??!), m'ordonne de les lui donner. Je m'execute et le voila faisant ma lessive dans un seau en plastique. Je n'en crois pas mes yeux... et ses parents non plus d'ailleurs !!

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A chaque nouveau client qui s'arrete, ils présentent fierement leur "misafır" français, ayant déja parcouru 7000 km a vélo et se rendant en Chine...

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Pour dormir, je plante ma tente a coté de la leur - car il n'y a pas suffisamment de place pour dormir a 5 dans leur petit abri, Ramazan dormant meme dans la voiture - et mes hotes sont épatés de découvrir mon équipement.

Le lendemain matin, a l'heure de reprendre la route, Cihan, Ramazan, Siyah et Döne me serrent tour a tour fort dans leurs bras et me font des signes d'au revoir jusqu'a ce que le premier virage ne les cache a ma vue. J'en ai presque les larmes aux yeux de les quitter tant l'accueil qu'ils m'ont réservé a été exceptionnel.

A Malatya, importante ville étudiante du sud-est de la Turquie, c'est tout logiquement que je me fais inviter par deux jeunes étudiants en médecine pour passer la nuit dans leur appartement et partager avec eux un bon plat de pasta estudiantin !!!

Apres tout ce temps passé en tant qu'invité, je ressens le besoin de m'évader un peu, de retrouver le calme de la nature et l'air pur des montagnes. Ces invitations sont toujours des moments tres agréables et enrichissants. Mais elles n'ont rien de tres reposant ! En général, on commence par m'abreuver largement de thé (car je dois avoir terriblement soif), puis on s'acharne a me gaver de pleine de bonnes choses jusqu'a ce que je ne puisse plus rien avaler (car un cycliste a besoin d'énergie, tout le monde sait cela). Et ensuite, on veut me montrer tout un tas de choses, me présenter au voisin, a un ami ou un membre de la famille, si bien que je n'ai pas une seconde pour me reposer...

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En quittant Malatya, j'emprunte donc une petite route qui part vers le sud, en direction du Nemrut Dağı. La pluie est de la partie aujourd'hui. Une pluie glaciale qui m'accompagne jusqu'a un col a pres de 2000 metres d'altitude. Je retrouve le soleil sur l'autre versant et descend le plus bas possible pour retrouver un peu de chaleur pour bivouaquer dans un pré isolé.

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Le lendemain, la route me mene, a travers des vallées encaissées et des pentes abruptes, jusqu'au sommet du Nemrut Dağı. Sur cette montagne calcaire, il y a plus de 2000 ans, un roi un peu mégalomane (c'est pourtant plutot rare chez les dirigents de nos jours...), Antiochos 1er Epiphane, fit aménager deux plates-formes dans la roche pour y disposer des statues monumentales de lui et des dieux, sa "famille" ! Entre ces deux plates-formes, il fit élever un sommet artificiel de blocs de calcaire concassé de plus de 50 metres de haut. Sa tombe, ainsi que celles de ses femmes se trouverait sous cet énorme tumulus !

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Le site est chargé d'un atmosphere magique, surtout au couhcer ou au lever du soleil, lorsque les premiers rayons viennent illuminer les "gardiens de la tombe".

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Je quitte ensuite les montagnes pour gagner les rives du lac Atatürk, qui n'est autre qu'un barrage sur le cours de l'Euphrate. Un bac me permet de leur traverser et d'entrer donc en Mésopotamie, entre le Tigre et l'Euphrate. Icı, comme tout le monde me le dit bien, je ne suis plus en Turquie, mais dans le Kurdistan.

Dans l'ouest du pays, quand j'annonçais mon intention de me rendre a Diyarbakır ou Van, on me mettait souvent en garde : "Attention, la bas, c'est différent. C'est dangereux. Il y a le PKK !". Les Kurdes sont parfois considérés comme le peuple sans état le plus nombreux au monde. Le peuple kurde est ainsi installé sur 4 états : la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie et compterait pres de 30 millions d'individus. L'Etat turc a longtemps nié son existence, parlant de "Turcs des montagnes". L'existence du peuple kurde et de sa culture ne sont toujours pas reconnues par la Constitution turque et l'enseignement des langues kurdes est toujours interdit a l'école. Dans les villages, j'entend pourtant beaucoup parler cette langue aux sonorités arabes. Le grand pere de Rahat, a Kırkısrak, par exemple, ne parlait pas turc et Rahat se chargeait de faire la traduction en kurde.

Sur la route de Diyarbakır, je me fais a nouveau iniviter pour prendre un petit déjeuner par Burak... un petit déjeuner qui se transformera en 24 heures passées avec cette famille de paysans dans le minuscule village de Gülpınar aux maisons de basalte.

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Burak a 27 ans et s'est marié il y a tout juste un mois avec une femme qu'il ne me présentera pas... Il vit dans une grande maison qu'il partage avec deux de ses soeurs et leurs maris. Ici, hommes et femmes sont clairement séparés, meme si toutes les femmes ne portent pas le foulard. A l'heure du repas, préparé par les femmes, Burak, Mehmet, Selim et moi mangeons dans le salon, tandis que les femmes sont en cuisine et se chargent de nous apporter tout ce dont nous avons besoin. Elles mangeront certainement plus tard... en tout cas je ne les verrai pas ! Je reste donc avec les hommes et les accompagne au champ que l'on laboure aujourd'hui. La terre de ce plateau basaltique est chargée de lourdes pierres noires. On y cultive des melons ou des pasteques en été. Nous allons ensuite regrouper le troupeau de vache : une centaine de tetes appartenant a tout le village, soit une quinzaine par homme. Nous les conduisons jusqu'au village ou elles passeront la nuit. Ici l'on vit au rythme du soleil et a 17h, lorsque la nuit est tombée, nous nous installons pour le diner : une poule tuée plus tot par Mehmet accompagnée de riz, de tomates et de poivrons grillés. A 20h, tout le monde est couché et le lendemain, des les premieres lueurs de l'aube, avant 5h, toute la famille s'éveille...

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Je reprends ma route et boucle les derniers kilometres qui me séparent de Diyarbakır, la "capitale" du Kurdistan turc. Peu avant d'entrer en ville, le roulement de mon pédalier lache et le pédalier se bloque. Impossible de tourner les pédales ! Je trouve tant bien que mal un mécano pour réparer ça... J'espere que ca tiendra...

jeudi, octobre 15 2009

Question de la semaine : Konya -> Kayseri - TURQUIE

A quoi servent (ou servaient) ces trous percés...

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vendredi, octobre 9 2009

TURQUIE 3 : Konya - Kayesri : du 4 au 15 octobre 2009 - Steppe, volcans, cheminées de fées et petites mésaventures...

04/10 : Konya - biv ap. Abditolu 38 km en 2h07'
05/10 : biv ap. Abditolu - Dinek 95 km en 5h36'
06/10 : Dinek - Meke Gölü 64 km en 4h21'
07/10 : Meke Gölü - Hasan Daği 113 km en 7h14'
08/10 : Hasan Daği - Aksaray 47 km en 2h22' + 4h de marche
09/10 : Aksaray - Ilhara Vadisi 40 km en 3h02'
10/10 : Ilhara Vadisi - Azatlı 41 km en 3h19'
11/10 : Azatlı - Biv ap. Güzelös 72 km en 4h36'
12/10 : Biv ap. Güzelös - Göreme 53 km en 3h30'
13/10 : Göreme 6h de marche
14/10 : Göreme - Bozca 41 km en 2h45'
15/10 : Bozca - Kayseri 60 km en 3h45'

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Des la sortie de Konya, j'entre dans la steppe. Une steppe irriguée et habitée ou l'on cultive bettraves a sucre et pommes de terre, dont c'est la période de récolte. Parti tard de Konya, je m'arrete rapidement pour m'installer entre deux champs de bettraves pour bivouaquer a la belle étoile. Mais au moment d'éteindre la frontale, en me retournant, je vois brievement un point qui brille tout pres de moi. Je regarde mieux et constate qu'il s'agit d'une énorme araignée et ce qui brille dans le faisceau de ma frontale n'est autre que son oeil !!! Je l'éloigne a l'aide d'un bout de bois, puis monte ma tente en quatrieme vitesse pour pouvoir enfin dormir paisiblement. Cette araignée du soir est-elle un bon ou un mauvais présage ? Nous verrons bien...

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En s'éloignant de Konya, la steppe se desertifie. Quelques plantes rachitiques survivent dans la poussière, entourées par l'immensité plane bientôt dominée par le Volcan Karadağ. Ses 2288 mètres se dressent comme une muraille pointée vers le ciel. Quelques villages d'adobe ou de pierres se blottissent sur ses flancs. Je contourne le volcan par le nord et repère une route qui grimpe vers le sommet, jusqu'a une antenne. Je décide d'y monter. Je débute donc l'ascension en fin de journée et plante ma tente au niveau d'un petit col, après 5 kilomètres. Le ciel est clair et la steppe s'illumine de dizaines de petits hameaux en même temps que le ciel se teinte d'étoiles lorsque je me faufile sous ma tente.

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Mais en quelques minutes, un vent terrible se leve, soulevant la poussiere et créant un "brouillard" de sable. Ma tente est ballotée en tous sens. Je l'arrime du mieux que je peux, mais, sous le coup d'une rafale plus forte que les autres, l'arceau frontal se rompt dans un craquement que j'ai déja entendu trois fois durant ce voyage ! Mais cette fois-ci, la situation est plus problématique. Me voici sans aucune possibilité d'abri pour la nuit alors que le ciel se charge de nuages noirs et que des éclairs illuminent maintenant la steppe sans toutefois que le tonnerre ne gronde. Je n'ai pas une seconde a perdre, range mes affaire, plie ma tente et me lance dans la descente, dans la nuit noire, avec la faible lueure de ma lampe frontale pour m'éclairer. Le vent me chahute. La poussière me brule les yeux. Les éclairs m'encerclent désormais et se succedent a un rythme effrayant. Dans la steppe, quelques lumières signalent la présence d'un petit village, que je connais pour y avoir pris de l'eau quelques heures plus tot. Je fonce vers lui aussi vite que je peux et m'arrête a la premiere demeure éclairée : une petite station service ou trois hommes discutent autour d'un verre de thé. Ils m'invitent a rentrer et me servent un verre avant que je n'ai pu dire quoi que ce soit. Me voila a l'abri ! Puis, de fil en aiguille, je me retrouve assis en tailleur sur des coussins douillets, un verre de thé dans une main et un bout de pain dans l'autre, a raconter mes mésaventures a Osman et ses parents. Osman est étudiant et a reçu quelques cours de français (en gros, il parle aussi bien français que moi turc !), mais nous rions beaucoup en essayant de nous comprendre ! Le père d'Osman a travaillé quelques années a Amsterdam et est maintenant a la retraite. Sa mère, quant a elle, a 70 ans et plus toutes ses dents, mais une énergie incroyable.

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Toute la nuit, le vent souffle en tempête et fait vibrer les vitres de la petite maison d'adobes. Le lendemain matin, Eole s'est un peu calmé. Le Karadağ est capuchonné de nuages. Il ne veut pas de moi. Tant pis !

Nous prenons le petit déjeuner dans le salon ou j'ai dormi. Osman installe une nappe sur le tapis puis y dépose un plateau rempli de mets délicieux : oeufs brouillés, olives noires, pate de sésame, confiture et un fromage de brebis qui ferait palir le plus fort de nos fromages de chèvre ! Le tout est accompagné de pains plats et d'innombrables verres de çay !

Je repars de chez Osman en fin de matinée. Le vent de face me freine et je m'arrête pour bivouaquer au bord d'un étonnant lac de cratère aux couleurs lipeziennes au milieu duquel se dresse un cône volcanique parfait.

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Apres le Karadağ, un nouveau volcan se dresse face a moi : le Hasan Dağı. Il me sert de point de mire toute une journée durant, sortant d'abord péniblement de la brume, puis s'élevant ensuite un peu plus a chaque kilometre parcouru pour finalement devenir un véritable géant dominant la steppe et ses minuscules villages du haut de ses 3268 metres d'altitude.

Une route en gravit les premières pentes, jusqu'a 1950m. C'est ici, dans une cabane de pierre que je passe la nuit. Le lendemain, je me réveille avant l'aube, déjeune et me mets en marche aux premières lueures du jour, cap vers le cratere du Hasan Dağı. La pente, d'abord faible, s'incline de plus en plus. Les herbes disparaissent. Les 300 derniers mètres se grimpent dans un couloir d'éboulis instables, entre deux murs de basalt. Les rares traces que je vois m'indiquent que le sommet est tres peu fréquenté... J'atteins les lèvres du cratère après deux heures d'effort. Il ne me reste plus qu'a grimper jusqu'au point culminant par un berf passage de rocher facile... mais tres instable. 20 metres sous le sommet, la prise que je tenais dans ma main droite cede, roule et me retombe sur la main, m'écrasant le petit doigt au niveau de la derniere phalange et y faisant une entaille relativement profonde ! J'improvise un pansement avec ce que j'ai sous la main, a savoir un mouchoir en papier et la sangle de mon appareil photo pour serrer le tout, avant de me lancer prudemment dans la descente (en prenant tout de meme le temps d'aller fouler la cime du Hasan Dağı !). 2 heures de marche, puis quelques kilomètres de vélo me conduisent au premier village, Helvadere, ou je me rends au centre de santé. L'infirmière, en voyant ma blessure, n'a que deux mots : "Hooo ! Aksaray Hospital !". Je reprends donc mon vélo et file jusqu'a Aksaray (40 km en tenant le guidon d'une seule main) et son hopital, direction le service des urgences.

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Bilan des opéations : rien de cassé, mais le bout de mon petit doigt est quand même bien amoché, avec un joli pansement a renouveler quotidiennement.

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Ma blessure ne me faisant pas trop souffrir, j'entame des le lendemain mon parcours en Cappadoce. Six jours durant, je vais me régaler des fantastiques paysages de cette région, allant de plateaux désertiques dominés par les volcans Hasan et Erciyes en vallée encaissées flanquées de falaises percées d'habitations et d'églises troglodytiques. Chaque jour la Cappadoce m'émerveille un peu plus. Près de Göreme, centre nevralgique de la région, les paysages deviennent surréels, faits de vallées sinueuses aux couleurs pastels ou se dressent de formidables cheminées de fées aux formes variées. L'accueil y est peut-être un peu moins bon qu'ailleurs, certainement biaisé par l'afflux touristique, mais il reste tout de même tres bon. La saison touristique touche a son terme et je suis pourtant effaré du nombre de bus qui baladent leurs moutons de touristes d'un site a l'autre. En pleine saison ce doit être l'horreur !

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Me voici désormais a Kayseri, au pied de l'immense volcan Erciyes Dağı, qui culmine a 3917 metres d'altıtude et qui règne sur toute la Cappadoce. Mon objectif des prochains jours sera d'essayer d'en atteindre la cime...

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mardi, octobre 6 2009

Question de la semaine Itsanbul -> Konya - TURQUIE

Tout d'abord, toutes mes excuses aux les fans de la question de la semaine .....

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samedi, octobre 3 2009

TURQUİE 2 : Istanbul - Konya : du 20 septembre au 3 octobre 2009 - Premiers tours de roues asiatiques...

20/09 : Istanbul - Mollafernari 98 km en 5h45'
21/09 : Mollafernari - Karaahmetli 104 km en 6h48'
22/09 : Karaahmetli - bıv. ap. Köprühisar 85 km en 5h47'
23/09 : bıv. ap. Köprühisar - Col Söğüt 64 km en 4h49'
24/09 : Col Söğüt - Steppe avant Seyitgazi 75 km en 4h40'
25/09 : Steppe avant Seyitgazi - Yazılkaya 60 km en 4h29'
26/09 : Yazılkaya - biv ap Gazilköy 74 km en 4h55'
27/09 : biv ap Gazilköy - biv. ap Afyon 46 km en 3h49'
28/09 : biv. ap Afyon - Eğirdir Gölü 77 km en 4h40'
29/09 : Eğirdir Gölü - Vallée de Karadağ 99 km en 5h50'
30/09 : Vallée de Karadağ - biv. ap Yeşildağ 73 km en 5h21'
01/10 : biv. ap Yeşildağ - Ortakaraören 85 km en 5h16'
02/10 : Ortakaraören - biv. ap Gökyurt 73 km en 5h13'
03/10 : biv. ap Gökyurt - Konya 49 km en 2h41'

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Les hirondelles se sont regroupées. Elles chantent avec vigueur, alignées sur les fils électriques, attendant certainement les derniers retardataires avant d'entamer leur voyage vers le sud. Je redoutais et attendais a la fois ce signe qui me précise que les grosses chaleurs estivales sont désormais derriere moi, mais aussi que l'automne arrive a petits pas... et qu'il sera suivi d'un hiver que l'on m'annonce redoutable sur les hauteurs de l'Asie Mineure. Chaque jour depuis que j'ai quitté Istanbul, le soleil s'éleve un peu moins haut dans le ciel, la température se fait un peu plus fraiche, les nuits s'allongent et les journées diminuent et les feuilles des arbres rougissent un peu plus...

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Avant d'entamer ce voyage, la Turquie était pour moi un simple pays qu'il me fallait traverser. Elle n'était pas un objectif en soi et, hormis quelques lieus comme la Cappadoce ou le Mont Ararat, elle ne me faisait pas particulierement rever. Mais la Turquie se révele a mes yeux comme un pays formidable, doté de paysages fantastiques et surtout habité par un peuple extraordinaire. Jamais, dans tous les pays que j'ai traversé a vélo jusqu'alors, je n'ai reçu un tel accueil.

Je quitte Istanbul le 20 septembre, sous un ciel qui hésite entre bleu et gris. En ce premier jour du Şeker Bayrami (la fete du sucre), qui dure trois jours et célebre la fin du Ramadan, les Turcs sont en famille et les rues quai désertes. Cela me permet d'échapper relativement facilement - en une centaine de kilometres tout de meme - aux tentacules de la mégapole stambouliote.

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Durant mes trois premiers jours sur le continent asiatique, la pluie est ma plus fidele compagne. Chaque jour, la campagne turque s'embourbe un peu plus. Les villages sont déserts, les commerces montrent portes closes et je pédale la tente rentrée sous la capuche d'un bivouac boueux a l'autre. Seule la région d'Iznik rompt un peu cette triste entrée en matiere avec ses vergers et ses oliveraies qui apportent un peu de couleur et de vie aux paysages.

Le quatrieme jour, le soleil sort enfin le bout de ses rayons et m'accompagnera fidelement jusqu'a Konya. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas pédalé sous le soleil... depuis le Mont Olympe a vrai dire... et c'est un vrai bonheur de découvrir ainsi les paysages turcs. J'arrive doucement sur le plateau anatolien. La montée se fait par paliers, avec de petits cols entroupés de courtes descentes. Les villages s'espacent peu a peu. L'air s'asseche et les reliefs s'arrondissent. Les oliviers disparaissent et laissent place aux pommiers ou aux peupliers.

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Je découvre la steppe peu apres la ville moderne d'Eskişehir. Etandues dorées a perte de vue, pnctuées ici et la de quelques arbustes qui résistent encore. Les paysages s'étirent vers l'infini. L'immensité me rappelle celle de l'altiplano, sans toutefois l'égaler réellement... Je m'offre ici un bivouac dont je me souviendrai longtemps.

Le lendemain, j'entre dans la "vallée phrygienne" : une vallée parsemée de monuments phrygiens taillés dans le roc. Les Phrygiens, dont le plus célebre des représentant fut le roi Midas (725 - 675 av. JC) - celui-la meme qui reçut de Dionysos le pouvoir de changer en or tout ce qu'il touchait. C'est aussi de ce peuple que nous vient le bonnet phrygien ! En effet, ce cone de tissus dont la pointe retombe vers l'avant de la tete se trouve peint sur de nombreux vases et sculpté dans des scépultures phrygiennes. Il a été ensuite repris comme symbole de la liberté lors de la Révolution française.

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Le peuple phrygien vivait dans des habitations creusées dans la roche et a laissé beaucoup de traces dans cette vallée dite phrygienne. Le plus formidable de ces vestiges est sans doute le tombeau de Midas, un rocher de 17 metres de haut sculpté pour prendre l'apparence d'une façade de temple recouverte de motifs géométriques.

Mon parcours, dans cette vallée (ou plutot dans ces vallées, car il y en a plusieurs) est donc agrémenté de nombreuses visites de ces sites impressionnants et toujours déserts. Parfois, un berger vient me servir de guide et m'aide a grimper dans les cavités creusées dans la roche, d'autres fois, je découvre seul ces vestiges d'un autre temps.

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Au bout de cette vallée, je débouche a Afyonkarahisar (la citadelle noire de l'opium). Ca ne fait pas tres accueillant comme ca comme nom, et il est vrai que la citadelle qui domine la ville est bien sombre et mystérieuse sur son piton rocheux qui domine la steppe. Afyon - car c'est comme ca qu'on l'appelle plus souvent - tient son nom de sa citadelle bien sur, mais aussi du fait qu'elle est au centre de la culture autorisée du pavot, qui ne sert plus aujourd'hui a produire de l'opium, mais des médicaments tels que la morphine. Malgré l'appente austérité de cette ville, elle se révele colorée et pleine de vie. J'ai cependant eu l'impression - et ca a été le cas dans beaucoup de villes turques - d'avoir vu deux villes différentes. L'une est mystérieuse, poussiereuse et riche d'histoire et de vie, blottie tout autour de la citadelle. Les maisons anciennes sont peintes de couleurs vives et débordent leur trop plein de vie dans des rues aux pavés mal ajustés. En ce dimanche, c'est jour de marché et les paysans des villages alentours viennent ici vendre le fruit de leur récolte : concombres, piments, pommes, poires, aubergines, pommes de terre, melons et pasteques se taillent la part du lieu a cette saison. J'y fais quelques courses. C'est l'Afyon traditionnel, celui des hommes portant la barbe et le bonnet et des femmes aux pantalons larges et aux voiles colorés. Plus bas, dans la plaine, s'étale la ville moderne avec ses avenues commerçantes et sa jeunesse vetue a l'occidentale.

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En quittant Afyon, j'entre dans une zone plus montagneuse. Quelques fermes baties de pierres sont éparpillées dans la montagne. Leurs toits plats sont recouverts de terre battue sur laquelle seche parfois quelques mais ou piments. Je croise un vieil homme balloté par son ane qui me salue d'un large sourire édenté. Ici, un paysan rassembşe du foin a l'aide d'un long rateau de bois. La, deux femmes lavent du linge pres d'une source d'eau claire. Plus loin, un paysan laboure son champ avec une charrue tractée par des chevaux. Plus loin encore, un berber mene paitre ses chevres... et se fait accompagner par un molosse qui me prend en chasse. J'ai l'avantage de la pente et décide d'accélérer plutot que de m'arreter, ma technique habituelle. Il me suit sur pres d'un kilometre, beuglant tel un enragé, les babines retroussées et les crocs en avant. Son sou est ceinturé d'un collier a clous et ce n'est pas le premier de la sorte que je croise. La légende des kangals turcs n'est pas qu'une légende ! Leur collier leur servirait a se défendre de l'attaque d'un loup... en tout cas, ca donne pas envie de lui faire un calin !!!

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Depuis que j'ai quitté Istanbul, ma distance journaliere a sensiblement diminuée. Il est vrai que le relief est souvent assez accidenté et que les journée sont de plus en plus courtes, mais c'est surtout que depuis que je suis en Anatolie, il m'est ımpossible de traverser le moindre village sans me faire inviter a boire un thé. La çay, comme on l'appelle ici, se boit a toute heure et est surtout un moyen d'engager la conversation. Chaque rencontre est pour moi l'occaion d'apprendre quelques nouveaux mots de turc. Parfois, un homme baragouine l'allemand ou le français et se fait un plaisir de faire la traduction a ses amis. Ces rencontres sont toujours saines et avant tout motivées par la curiosité et l'envie de discuter et d'offrir. Alors qu'en Amérique du Sud, apres les traditionnels "D'ou viens-tu" et "Ou vas-tu ?", venait souvent la question que je déteste : "Combien coute ton vélo ?". Ici, je ne l'ai encore jamais entendue et elle est remplacée par "Neden ?" : "Pourquoi ?". "Pourquoı es-tu seul ? Pourquoi vas-tu en Chine ?" etc.

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Lorsque dans un village ou je ne trouve pas la moindre boutique, je demande a un paysan juché sur son tracteur ou je peux acheter du pain, ce dernier lance quelques mots a sa fille, qui file alors en courant dans la maison, pour en revenir chargée de pain, mais aussi de tomates et d'une pasteque qu'elle me tend généreusement. Quand je demande a quelqu'un si cette route va bien ou je veux aller, il me répond : "Çay ?", avec ce geste caractéristique qui mime la cuiller que l'on tourne dans le petit verre a thé. Si je traverse un marché pour y faire quelque courses, on m'offre du thé et on me tend des pommes et des carottes ! Si je m'arrete pour pıque-niquer sur la place d'un village, je suis certain que quelqu'un va m'apporter quelque chose : ce sera parfois une pomme ou deux, des tomates ou du pain. Certaines fois, quelqu'un me tend de la nourriture avec le sourire, me salue, puis s'en va, sans rien dire de plus. Il est certainement mu par la volonté de montrer a Allah toute sa bonté en aidant ainsi l'humble voyageur que je suis...

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En grimpant vers le col de Vali Çeşmesi, je suis intrigué par une longue tente faite d'une toile de jute tendue par de gros piquets de bois. Un homme en sort et m'invite a partager un çay. J'accepte volontier. Ils sont en fait une petite dizaine a vivre sous cet abris de toile. Leur campement ici n'est que provisoire. Il y a quelques jours encore, ils étaient plus haut dans la montagne, sur les plus hauts paturages qu'ils ont quittés aux prémisses de l'automne. Il se resteront ici que peu de temps puisque dans 10 jours, ils entameront la transhumance. 7 jours de marche les attend pour rejoindre Antalya, sur la cote méditerranéenne, ou les betes et les hommes passeront l'hiver. Nous nous asseyons pour boire le çay devant la tente et proditons des rayons du soleil matinal. La fils de Mehmet, agé de huit ans, ne va a l'école qu'a moitié m'explique-t-il. Il fera sa rentrée dans quelques jours et quittera l'école avant ses camarades pour rejoindre les paturages d'été. Mehmet et Husen me font gouter de leur fromage de brebis, accompagné d'une fine galette cuite sur une grande plaque circulaire au-dessus du feu. Un régal ! Tandis que nous discutons et buvons tranquillement le çay, la femme de Mehmet s'affaire a la vaisselle, coupe du bois puis allume le feu pour préparer la soupe, et j'entends une autre femme a l'intérieur, qui s'occupe d'un nourrisson... Il est vrai que malgré le nombre tres importants de gens que je rencontre et avec qui je discute un peu, j'ai toujours affaire a des hommes. Les femmes sont toujours en retrait et ne se melent que tres rarement a la conversation, ou alors par l'intermédiaire de leur mari...

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Apres 12 jours de route depuis Istanbul, me voici a Konya, une ville de pres d'un million d'habitants, posée au bord de la steppe. C'est une ville plutot traditionnelle et religieuse, meme si, comme dans toutes les villes turques, deux zones se distinguent clairement, l'une traditionnelle et l'autre beaucoup plus moderne. Konya est connue dans le pays pour etre la cité du Mevlana, le fondateur de la communauté des "derviches tourneurs"...

Une centaine de kilometres de steppe me sépare désormais de la Cappadoce et je reprends la route des cet apres-midi en pleine forme et toujours avec la meme soif de découverte... Mais cette fois ça y est, les hirondelles sont parties...

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samedi, septembre 19 2009

TURQUIE 1 : Baklavas et autres petites douceurs - Frontiere grecque - Istanbul : du 11 au 19 septembre 2009

11/09 : Monastiraki (GR) - Col avant Şarköy (TR) 125 km en 7h13'
12/09 : Col avant Şarköy - hameau avant Yeniköy 41 km en 2h22'
13/09 : hameau avant Yeniköy - Veliköy 92 km en 6h20'
14/09 : Veliköy - Istanbul 137 km en 7h49'
du 15 au 19/09 : Istanbul

Un immense drapeau flottant au vent annonce de loin la frontiere turque. Je me dirige vers lui avec une grande excitation, sentant que cette frontiere marquera un pas important dans mon avancée vers l'est. Les formalités douanieres sont vite effectuées, un tampon claque sur mon passeport et me voila en Turquie. Le ciel est aussi gris que de l'autre coté de la frontiere et les paysages aussi ternes. Le vent du nord souffle aussi fort. Mais quelque chose a changé. Les espaces semblent plus grands, la route plus belle. De nombreux chauffeurs de camions ou de bus me saluent et m'encouragent d'un coup de klaxon et d'un signe de la main. La route traverse des paysages de prairies brulées par le soleil et me mene jusque sur les rives de la mer Egée. Je traverse de petits villages boueux ou je vois quelques femmes voilées de foulards colorés allant chercher de l'eau a la source. Le ciel tres gris laisse échapper quelques gouttes alors que je plante ma tente au sommet du col qui sépare la mer Egée de la mer de Marmara...

Le lendemain matin, les premieres gouttes se mettent a tomber des mon premier coup de pédale. Elles ne cesseront plus de la journée. J'effectue les dix kilometres me séparant de Şarköy au plus vite, entre éclairs et coups de tonnerre, et me réfugie sous la premiere station service venue pour attendre une accalmie... qui au bout de deux heures n'est toujours pas venue ! Je décide d'aller attendre un peu plus loin, dans un salon de thé. Un grosse pluie d'orage s'abat sur la ville depuis plusieurs heures. Les rues se transforment par endroits en vérıtables torrents... En début d'apres-midi, une légere accalmie me permet de repartir. Je découvre la mer de Marmara a la sortie de Şarköy, grise et agitée. Le plongeon que j'espérais sera pour une autre fois ! La route traverse quelques hameaux boueux au milieu des plantations d'oliviers qui pataugent dans la glaise. Sur un pont, des gosses et quelques vieux regardent l'eau couler. Ce doit etre un spectacle rare !

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La pluie redouble. L'orage gronde toujours. La mer semble s'agiter de plus en plus. Je m'arrete a l'entrée d'un hameau sous un abri-bus au toit fendu et aux vitres brisées. J'y bois un reste de café tiede qui trainait au fond de mon thermos. Dans la maison d'en-face, deux femmes m'interpellent : "Tu veux du thé ?". J'accepte cette invitation a boire un çay bien chaud et bien sucré. Nous discutons un peu en anglais et avec mes quelques mots de turc appris ces derniers jours et au moment de repartir, elles m'offrent un énorme sandwich !

La pluie tombe toujours a verse et dans le village suivant, des hommes m'ınterpellent pour me dire aue la route est coupée quelques kılometres plus loin et que je ne pourrai pas rejoindre Istanbul par ici ! Je ne comprends pas bien pourquoi... on me dit que je peux essayer d'aller au village suivant a vélo. J'y vais donc, en me disant que je ferai demi-tour en cas de probleme.

La route est taillée dans une falaise instable qui surplombe la mer. La pluie a provoqué des glissements de terrain et des chutes de pierres. Le parcours est effectivement périlleux. Je slalome entre les pierres et évite de passer trop pres du précipice, de peur que le sol ne se dérobe sous mes roues et me projette directement dans la mer, ou trop pres de la falaise, de peur que la montagne ne me tombe sur la tete !

Au bout de ce passage dangereux, quelques maisons se nichent dans une vallée protégée. Je m'y arrete. On m'annonce que la suite est encore pire et que je dois rester la pour la nuit. La pluie tombe encore avec force et j'accepte sans hésiter... On m'offre a dormir a l'intérieur, sur un vieux fauteuil grinçant et l'on me sert a manger jusqu'a ce que je ne sois plus capable de rien avaler ! La pluie n'a toujours pas céssé et tombe toujours avec la meme force alors que je me couche. Mes hotes regardent la télévision ou passent en boucle des immages de la banlieue d'Istanbul ou les ınnondations ont fait de gros dégats et quelques morts. Je commence a prendre conscience de l'ampleur de l'évenement...

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Le lendemain, la pluie a cessé. Je repars a l'aube, empruntant la route qui mene a Tekirdağ et qui est toujours bloquée me dit-on. Des la sortie du hameau, l'asphalte s'efface. La piste s'éleve a flanc de montagne et les premieres difficultés apparaissent, avec des pierres sur la route, tombées de la montagne, puis des ravines creusées au milieu de la route, puis des glissements de terrain qui ont emporté la moitié de la chaussée ! Je passe tant bien que mal, poussant souvent Yana dans les cailloux ou la boue. J'atteins Yeniköy apres deux grosses heures d'effort. J'ai parcouru a peine 10km. Je pense alors avoir fait le plus dur en rejoignant l'asphalte, mais la route descend désormais le long d'un ruisseau qui, hier, s'est ransformé en torrent furieux et a tout emporté sur son passage. La route disparait sous les pierres et la boue, l'asphalte a été emporté et l'eau coule encore un peu sur ce qu'il reste de route. J'avance de plus en plus difficilement, jusqu'a ce que je croise l'équipe de déblaiement, qui s'acharne a réouvrir la route. La suite est plus facile, mais je traverse des villages dévastés : maisons innondées, champs ravagés, serres arrachées. Chacun, ce matin, vient constater les dégats... et moi je passe au milieu de tout cela, un peu gené...

Plus loin, sur la route d'Istanbul, je verrai plusieurs ponts détruits et de nombreuses maisons remplies de boue. Les médias annoncent qu'il s'agissait des plus importantes précipitations dans la région depuis 80 ans... et les plus terribles innondations que la région d'Istanbul n'ait jamais connu !

J'atteins Istanbul le lendemain. L'ancienne Constantinople est aujourd'hui une ville tentaculaire qui s'étale sur les rives orientales et occidentales du Bosphore, le détroit qui relie la mer Noire a celle de Marmara. A cheval entre deux continents, elle est a la croisée des mondes, des chemins et des voyageurs. La cité grouille de vie et l'on y ressent a la fois l'ambiance orientale et européenne. Je débouche a Sultanhamet en toute fin de journée, apres une folle traversée de la ville au coeur d'une circulation plus que désordonnée.

Le Ramadan, qui a débuté alors que j'étais a Sarajevo, est sur le point de s'achever. Sur le parc encardé par les extraordinaıres monuments de Sainte Sophie et de la Mosquée Bleue, chaque soir les Stambouliotes viennent rompre le jeune. Lorsque le soleil disparait derriere les minarets de la Mosquée Bleue, le parc se remplit. Chaque famille installe ses couvertures et dispose ses plats longuement préparés ainsi que ses thermos de thé... puis attend le signal en discutant joyeusement. Puis vient le moment ou chacun se sert un grand verre d'eau. L'attente devient fébrile. Au signal libérateur du Muezzin, les verres se vident un clein d'oeil et les mains plongent dans la nourriture. Je me suis moi aussi installé sur la pelouse et commence a manger. Un enfant s'approche alors de moi et me tend une assiette de soupe de tomate ! Son pere, assis autour du cercle familial, me lance un sourire. Quelques minutes plus tard, on m'apporte des poivrons farçis, puis des baklavas pour terminer le repas.

En moins de trente minutes, le diner des plus rapides est englouti, les nappes sont repliées et tout le monde s'en va. Quelques-uns cependant, resteront ici de longues heures a boire du thé et a manger quelques petites douceurs dont la Turquie a le secret...

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Je quitte la pelouse et vais m'asseoir sur un des bancs qui fait face a la mosquée Bleue pour boire un thé. Un jeune homme s'asseoit a mes cotés et entame la conversation dans un anglais hésitant. Fernat vend des livres pour les touristes et prend une petite pause. Il me demande ce que je pense de la Turquie. Je lui réponds que je trouve ce pays fantastique, que les Turcs sont d'une extreme gentillesse et tres accueillants, ce a quoi il me répond que lui, il n'aime pas la Turquie ni les Turcs, que ce ne sont pas de bonnes personnes. Fernat est pourtant Turc et me dit venir d'Anatolie (la partie asiatique de Turquie, soit 97% du territoire). Je ne comprends pas. "Je viens du sud-est de l'Anatolie, me dit-il, du Kurdistan. Je vis ici depuis dix ans et j'ai beaucoup de problemes". Il m'explique ensuite que sa petite amie vit en France, a Paris, et qu'il souhaite la rejoindre dans deux ou trois mois, des qu'il aura économisé suffisamment d'argent. Il prendra alors un "feribot", sans visa bien entendu car il est trop difficile d'en obtenir. Sa petite amie et ses parents vivent a Paris clandestinement depuis plusieurs mois déja. Il espere trouver la bas une vie meilleure. J'essaye de lui expliquer que ce ne sera pas forcément le cas... Je le sens a la fois plein d'espoir et de désillusions. Son histoire me rappelle étrangement celle du film Welcome, de Philippe Lioret... Fernat a 25 ans, comme moi, mais alors que j'ai la chance de pouvoir vivre mon reve et de parcourir le monde a bicyclette, lui doit fuir son pays pour trouver une terre d'exil ou il ne sera pas le bienvenu... Tous les Kurdes cependant ne rencontrent pas les memes problemes et beaucoup vivent tres bien, a Istanbul ou ailleurs en Turquie.

Istanbul est une cité grouillante de vie, ou chaque coin de rue regroge de surprises... et de petites douceurs a déguster ! Si le Grand Bazar perd peu a peu son ame, se transformant en attraction touristique, d'autres lieux ont su conserver leur cachet. Il suffit pour les découvrir de se perdre dans le dédalle de ruelles qui compose le centre de la ville et l'on change alors d'unıvers. Il suffit de s'asseoir sur le pas d'une porte pour que l'on nous apporte un thé et que l'on commence a discuter...

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A Istanbul, ville a la croisée des chemins, je croise aussi de nombreux voyageurs, comme ces trois Polonais qui on débuté un tour du monde a bicyclette il y a quelques mois et qui jouent de la musique pour recharger leurs porte-monnaie ; ou ce Belge un peu fou qui a pédalé depuis Bruxelles avec un fer a repasser sur le porte-bagage ! Son theme : repasser dans les endroits les plus insolites ! (Ah, y'en a des tarés !!!) J'ai croisé ici aussi une Catalane en partance pour la Chine, deux profs de français et deux futurs étudiants, entre autres...

Ma découverte de la Turquie ne fait que commencer et j'adore déja ce pays, plein de contrastes et riche de histoire extraordinaire. Je m'apprete a quitter Istanbul apres 5 jours passés ici. J'ai déja des fourmis dans les jambes et j'aı hate de faire mes premiers tours de roues en Asie...

LES PHOTOS ARRIVERONT TRES VITE !