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dimanche, août 30 2009

Question de la semaine : MONTENEGRO

Voici une petite nouveaute, qui se met en route avec la rentree scolaire...

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La montagne Noire - Monténégro (монтенегро) : du 22 au 27 aout 2009

22/08 : biv frontiere - Zabljak 84 km en 6h31'
23/08 : Zabljak - Bobotov Kuku - biv. avt Njegovuda 6h de marche + 11 km en 37'
24/08 : biv. avt Njegovuda - Podgorica 155 km en 7h10'
25/08 : Podgorica - Lovcen 68 km en 5h55'
26/08 : Lovcen - Tivat 61 km en 2h40'
27/08 : Tivat (MNE) - Resto avt Shkoder (AL) 102 km en 5h23'

La fontière du Monténégro est bien gardée. C'est la mieux surveillée depuis mon départ... et je pense que cela va aller en s'accentuant ! Je commence ma découverte de ce petit état, indépendant depuis seulement juin 2006, par une région montagneuse et peu peuplée, comme je les aime. Je suis dans le plus haut massif calcaire du pays et celui-ci - comme c'est souvent le cas pour les massif calcaires - est entaillé de profonds canyons. Je commence par remonter celui de Piva. Les eaux vertes de la rivière serpentent aux pieds des falaises. Mais melheureusement, de nombreux tunnels non éclairés qui émaillent cette remontée me font couler quelques sueurs froides et gachent un peu ce beau parcours.

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Je bifurque bientot sur la gauche pour gravir les raides pentes du col de Sedlo, au coeur du massif du Durmitor. Je quitte ainsi le canyon boisé et grimpe vers des alpages grillés par le soleil. Quelques fermes isolées faites de bois s'éparpillent dans la montagne. J'arrive ainsi a Zabljak, principal village du parc national du Durmitor. Autour de ce village, où ne devaient vivre que quelques paysans il y a encore quelques années, les maisons à louer et autres appartements sortent de terre plus vite que des champignons. Le Monténégro, à l'image de son voisin croate, semble, depuis son indépendance, tout miser sur le tourisme.

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Si je fais une halte a Zabljak, c'est parce qu'au-dessus de ce village se trouve le Bobotov Kuk. C'est le point culminant du pays et, même s'il attire de nombreux randonneurs, l'affluence n'est ici pas comparable avec celle du Triglav, en Sovénie. Les deux massifs se ressemblent pourtant, avec des altitudes presque équivalentes et un relief calcaire similaire. Mais ici, il n'y a pas une face nord aussi impressionnante, ni un mythe créé autour de cette montagne.

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L'ascension est aisée et permet de traverser de jolis paysages. En chemin, je croise une cabane de bergers et y achète un demi fromage de brebis. Un peu plus haut, je surprends un jeune chamois, malheureusement un peu trop farouche... Au sommet du Bobotov Kuk, la vue embrasse tout le massif du Durmitor. Mais le ciel trop brumeux m'empeche de voir trop loin. Dans l'apres-midi, de gros nuages noirs couvriront le ciel, n'annoncant rien de bien bon pour la soirée...

A la descente, j'emprunte un autre itinéraire, qui me mène jusqu'à une petite grotte où se cachent d'étonnantes stalagmites de glace ! Le spectacle est d'autant plus saisissant qu'il fait plus de 25 degrés a l'extérieur.

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Le lendemain, je reprends la route sous un ciel gris et bas. L'orage a éclaté dans la nuit, mais l'air est encore gorgé d'humidité. Je roule sans envie, attristé de parcourir les magnifiques paysages de cette région sans pouvoir les voir. La route plonge rapidement vers le canyon de Tara et, comme prévu, je ne vois pas grand chose du spectacle qui se joue pourtant sous mes yeux. Je suis frustré comme un gosse qui serait assis derrière une personne trop grande au cinéma et qui lui empecherait de voir la moitié de l'écran. Cette étape, que j'attendais magnifiqu, se révèle longue et ennuyeuse. Heureusement, au col de Babljak, je croise un cyclotouriste qui me sort de cet ennui. Roman est Roumain et parcourt l'Europe a bicyclette depuis plusieurs années, par tranches de quelques semaines, avec quatre sous en poche. Il me dit ne pas avoir aimé l'Albanie ni la Turquie. Les gens y sont froids, fermés et méchands, parfois meme voleurs. Histoire de religion me dit-il ! Je ne veux pas en croire un mot.

A l'entrée de Podgorica, n'ayant pas trouvé le moindre espace pour planter ma tente, je vais frapper a une porte. Pas de bol, les gens sur qui je tombe ne parlent pas anglais. Je me fais tout de meme comprendre et, apres quelques minutes de reflexion, ils me font entrer dans leur maison dont les deux étages du haut sont entièrement vide. Je peux m'installer dans le second ! Marco vit ici avec sa mère et son frère. Il a 28 ans et a déjà terminé sa carrière de footballeur dans une équipe professionnelle de Podgorica, ruinée par une blessure au genou. Il apprends maintenant l'Italien et va traverser la mer Adriatique dans quelques semaines pour essayer de trouver du travail la-bas. C'est ainsi que nous pouvons communiquer un minimum, atour d'une tasse de café et de quelques pommes du jardin.

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La ville de Podgorica, qui s'appellait Titograd sous Tito, ne présente guère d'intérêt. Je la traverse au petit matin, alors que les habitants se réveillent tout juste. Je prends la route de Cetinje, l'ancienne capitale. Mais, aujourd'hui, je ne me sens pas en forme. Peut-être est-ce parce que je me dirige vers l'ouest et roule donc à contre-courant... Inconsciemment, je n'ai pas envie de rebrousser chemin. Je me traine donc jusqu'à Cetinje, dont il ne reste des années fastes que quelques batiments défraichis. J'y fais une halte déjeuner et poursuis mon ascension, débutée en réalité des la sortie de Podgorica, en direction du massif du Lovcen. 1650 mètres d'altitude et 6 km à vol d'oiseau de la mer ! En haut du second sommet du massif, le Jezersky se trouve un mausolée... et c'est pour ca que je suis monté jusqu'ici. Petar II Petrović-Njegoš repose ici depuis 1974. Il est l'une des plus grandes figures de l'histoire de la Serbie et du Monténégro. Ce prince-éveque du début du XIXe siecle a été érigé en héro par le peuple Monténégrin. Son mausolée est aujourd'hui un lieu de pélerinage important et beaucoup montent jusqu'ici pour lui rendre hommage.

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Je m'installe un peu a l'écart du parking situé près du sommet, pour une belle étoile bien méritée.

Le jour suivant, je plonge vers Kotor et ses "bouches", un véritable fjord méditerranéen... assailli par le tourisme de masse. Les paysages sont beaux, mais trop bétonnés et quadrillées pour conserver leur âme... Heureusement, une chose me console : les figuiers sauvages qui bordent la route et qui me servent de garde manger. Dès que j'ai un petit creux, je n'ai qu'a tendre de bras et ramasser quelques figues délicieusement sucrées. Un regal ! Je pense que ma consommation doit avoisiner les 2 kg par jour !!!

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La cote monténégrine ressemble trop a sa voisine croate. Je ne l'apprécie que trop peu, noyée sous les transats et les parasols. Je file donc vers l'Albanie sans regret... et je dois subir a quelques kilomètres de la frontière, ma première crevaison du voyage. Après plus de 3300 km, je peux m'estimer heureux !

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