V 24/07 : Pontresina 3h00 de marche
S 25/07 : Pontresina - bivouac Diavolezza 4h00 de marche
D 26/07 : Biv. Diavolezza - Piz Palü - Pontresina 9h00 de marche
L 27/07 : Pontresina - Biv. au-dessus du Passo dello Stelvio 89 km en 7h18'
M 28/07 : Biv. au-des. du Stelvio - Biv. avt Nova Levante 133 km en 6h31'
M 29/07 : Biv. avt Nova Levante - Cortina d'Ampezzo 100 km en 7h25'
J 30/07 : Cortina d'Ampezzo 3h de marche
V 31/07 : Cortina d'Ampezzo 3h de marche
S 01/08 : Cortina d'Ampezzo 2h de marche + via ferrata
D 02/08 : Cortina d'Ampezzo 4h30 de via ferrata
L 03/08 : Cortina d'Ampezzo (repos sous la pluie)
M 04/08 : Cortina d'Ampezzo 5h15 de marche

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A Pontresina, je m'accorde une petite pause avec mes parents, venus me rejoindre pour quelques jours. De jolies randonnées nous permettent d'approcher les glaciers du massif du Bernina et de découvrir les vallées aux herbages verdoyants qui l'entourent, avant d'aller plus haut sur les sommets.

Le Piz Palü n'est pas le sommet le plus haut du massif, dominé d'un peu plus de 200 mètres par le Piz Bernina. Sa face nord est en revanche certainement la plus belle de tout de cet ensemble glaciaire : une face imposante composée de trois éperons rocheux couronnés de neige entre lesquels d'énromes séracs semblent en équilibre précaire. Ces derniers donnent naissance à un large glacier qui s'écoule ensuite lentement jusqu'à se déverser dans le long glacier Morteratsch. Une fine arête neigeuse relie les trois sommets, la pointe centrale étant la plus élevée, culminant à 3905 mètres d'altitude. Ce sera notre objectif.

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L'ascension débute samedi après-midi, avec la montée au refuge de la Diavolezza où je dors sous ma tente avec un panorama incomparable, tandis que mon père, qui m'accompagne pour cette ascension, dort dans le refuge.

Dimanche, dès 4h00 du matin, nous sommes embarqués dans le flot de pâles lumières blanches qui se mettent lentement en marche vers le sommet. Rythmée par de lourds pas encore englués de sommeil, la guirelande lumineuse ondule jusqu'au glacier, où elle s'étire puis finit par se dissoudre dans les première lueurs de l'aube. Nous sommes déjà à mi-pente, slalomant entre quelques crevasses béantes. La voie contourne les difficultés par la gauche, là où les pentes sont les plus raisonnables.

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La montée se poursuit ainsi jusqu'à l'arête, que nous devons désormais suivre jusqu'au sommet principal, en passant d'abord par le sommet sud. Un parcours aérien magnifique sur le fil de cette arête nous attend pour atteindre la cime convoitée du Piz Palü. Il est 9h00, le ciel est d'azur, le vent encore absent. Les Alpes suisses, italiennes et autrichiennes se déroulent à l'infini...

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Lundi 27 juillet, il est temps pour moi de reprendre la route et de quitter la Suisse, qui m'aura réservé de magnifiques paysages de montagnes, mais trop peu de rencontres... Mon père m'accompagne à vélo (et ma mère en voiture !) jusqu'au Passo Bernina, où je les quitte pour quelques jours seulement, puisque je dois les retrouver à Cortina d'Ampezzo, trois jours plus tard, en Italie.

L'Italie, justement, je l'atteins au sommet du col suivant, le Fuorcla di Livigno. Ce jour-là, je franchis pas moins de cinq cols et termine mon étape au sommet du plus haut d'entre eux (et le plus haut col d'Italie), le Passo dello Stelvio (2757m). Je plante ma tente en amont du col, à l'écart des quelques hôtels qui se sont accrochés ici, au pied de vilaines remontées mécaniques installées comme de laides verrues au coeur du Parc National du Stelvio.

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Les sommets du massif de l'Ortles, tout proches, prennent des couleurs d'or lorsque le soleil s'en va mourrir de l'autre côté de la crête où je suis installé. La nuit enveloppe bientôt la montagne et le froid descend sournoisement des sommets...

Un sourd craquement brisant le silence me réveille en sursaut ! Un flash lui succède, suivi d'un nouveau grondement, encore plus terrifiant. Une pluie épaisse se met à tomber, bientôt mêlée de neige. Je me blottis dans mon duvet... Mais les coups de tonnerre se succèdent à un rythme de plus en plus rapide et se rapprochent à toute allure, jusqu'à gronder à quelques centaines de mètres de mon abri. Le sol vibre... Heureusemement, je sais que je suis "protégé" par un pylone près duquel je me suis installé justement en cas d'orage... Mais cela ne m'empêche pas de ne pas être très rassuré.

Le matin suivant, la neige tombée dans la nuit a en grande partie fondu, mais le plafond nuageux reste très bas. Le soleil ne reviendra que lorsque j'aurai atteint la vallée de l'Adige, que je vais descendre jusqu'à Bolzano. J'entre alors dans le Sud-Tyrol, une région italienne où l'allemand reste la langue prédominante.

Les Dolomites se présentent à moi le lendemain, peu après Bolzano, avec leurs sommets caractéristiques reconnaissables au premier coup d'oeil. Les pics de dolomie (la roche particulière qui a donné son nom à ce massif, composée en grande partie de récifs coraliens pétrifiés) se dressent vers le ciel, perçant la brume au dessus de denses forêt de sapins et d'épicéas. Le contraste entre le vert sombre des forêts et les cimes pâles et rosées sont la marque des Dolomites.

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Durant la journée, je traverse les trois régions des Dolomites. En effet, si aujourd'hui les Dolomites paraissent être un seul massif unitaire, il n'en est rien et le découpage administratif en trois régions distinctes reflète l'histoire et l'organisation culturelle de la région. Le nord du massif est occupé par l'Alto Adige, ou Sud Tyrol, où les relations avec l'Autriche ont longtemps été plus importantes qu'avec le reste de l'Italie. Le sud-ouest est occupé par le Trentin, proche de l'Alto Adige puisqu'ils étaient tous deux autrichiens jusqu'en 1919, mais avec sa culture propre. Le sud-est quant à lui, est occupé par la province de Belluno et appartient à la Vénétie. Jusqu'à un passé récent, les cols séparant les étroites vallées des Dolomites étaient infranchissables durant une bonne partie de l'année et il était plus facile de descendre la vallée plutôt que de rejoindre la vallée adjascente. C'est pourquoi les habitants de Cortina d'Ampezzo ont toujours eu plus de relations avec Venise qu'avec les vallées voisines de quelques dizaines de kilomètres seulement. Ceci explique aussi les différences culturelles notables entre ces trois différentes régions.

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En partant de Bolzano, je suis dans le Sud-Tyrol (ou Alto Adige). On y parle un dialecte allemand appelé tyrolien méridional. En franchissant le Passo de Costalunga, j'entre dans la province autonome de Trente, dans le Val di Fassa, où beaucoup d'inscriptions sont en ladin, une langue proche du romanche, parlée par une trentaine de milliers de locuteurs de cette région. A midi, je quitte le Val di Fassa et gravis le Passo Pordoi, qui marque la limite entre la province de Trente et celle de Belluno. En descendant sur Cortina d'Ampezzo, l'italien devient la langue principale et l'architecture, autant que la gastronomie, ont changé. Je suis désormais en Vénétie.

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Me voici donc à Cortina d'Ampezzo, ville olympique où se déroulèrent les premiers jeux olympiques d'hiver italiens, en 1956. Aujourd'hui, Cortina est une station de ski huppée, camp de base idéal pour découvrir le massif des Dolomites. J'y retrouve mes parents. Nous allons passer quelques jours ici ensemble afin de découvrir un peu mieux la région.

Le massif des Dolomites est connu pour ses pics rocheux extraordinaires où naquirent les premières via ferrata. Les premiers de ces "chemins ferrés", constitués de câbles, de barreaux et d'échelles et permettant de parcourir les sommets les plus escarpés, ont été aménagés par les soldats italiens et autrichiens lors de la première guerre mondiale, à des fins stratégiques, pour défendre leurs positions et dominer l'ennemi du haut des montagnes. En effet, durant la Grande Guerre, de mai 1915 à octobre 1917, eurent lieu ici de terribles affrontements entre les deux armées ennemies, qui se battaient pour conquérir les sommets. Des tranchées, des forts, des tunnels ainsi que des "via ferrata" ont été alors aménagés. A la fin du conflit, les autorités italiennes ont décidé d'exploiter ces aménagements à des fins touristico-sportives et c'est en 1936 que la première via ferrata fut équipée dans un but sportif. Aujourd'hui, des dizaines d'itinéraires parcourent les principaux sommets du massif. Nous en empruntons quelques-uns et randonnons beaucoup.

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La suite de mon parcours me mènera en Autriche, puis très rapidement en Slovénie.

POUR PLUS DE PHOTOS : Pour la partie suisse c'est ici.
Et pour la partie italienne ici.