05/07 Nadaillat - sommet du Puy de Dôme - Chassenet 76,6 km en 4h45'
06/07 Chassenet - Sainte Agathe 98,6 km en 5h12'
07/07 Sainte Agthe - Saint-Genis-Laval 81,3 km en 4h48'
08/07 Saint-Genis-Laval - Corlier 94,4 km en 6h02'
09/07 Corlier - Genève (Suisse) 99,2 km en 5h51'
10/07 Genève (Suisse) - Chamonix-Mont-Blanc (France) 96,6 km en 6h03'
Dimanche 5 juillet 2009, Nadaillat, 5h00 du matin. Le réveil de ma montre émet quelques bip bip que j'éteins aussitôt. J'étais déjà réveillé depuis longtemps malgré la courte nuit que je viens de passer. Je ne tarde pas à me lever et fais le tour des tentes installées dans notre camping improvisé, pour réveiller tout le monde. Hier, nous avons fêté mon départ autour d'un méchoui. Aujourd'hui, mes amis vont m'accompagner sur les premiers kilomètres de mon voyage. Et pour commencer, je leur ai réservé un morceau de choix : l'ascension du Puy de Dôme au petit matin (et oui, la route privée du Puy de Dôme n'est accessible aux cyclistes que les dimanches matin jusqu'à 9h).

6h15, c'est le ventre vide et les yeux fatigués par cette courte nuit de sommeil que nous nous élançons en direction du volcan auvergnat dont la cime se cache entre les nuages. L'ascension est difficile, mais la joie d'arriver au sommet est plus forte. Nous sommes 12 cyclistes et 9 marcheurs à nous regrouper dans le brouillard du sommet pour la photo souvenir. MERCI à tous de m'avoir accompagné. Je sais que ce n'était pas facile et je ne pensais vraiment pas que nous serions aussi nombreux ! Malheureusement, nous ne voyons pas à trois mètres et quand les nuages commencent à laisser échapper quelques gouttes de pluie, nous redescendons.
Riom. Nous pique-niquons sous le soleil revenu. Quelques amis reprennent le train ici, d'autres arrivent pour boucler avec moi cette première étape, jusqu'à Chassenet, chez mes parents.

Lundi 6 juillet 2009, Chassenet, 11h00. Si hier, j'ai effectué ma première étape, accompagné de nombreux amis, ce n'est que ce matin que j'ai véritablement la sensation de partir. Chez les cyclo-voyageurs, on a coutume de dire que c'est le premier coup de pédale qui est le plus difficile. C'est vrai qu'il n'est pas facile à donner. Ce premier geste, qui sera ensuite répété des millions de fois, prend alors une saveur particulière. Il a quelque chose d'irrévocable, c'est lui qui lance le voyage. C'est un coup de pédale qui a un intense goût de liberté. Me voilà parti, cap à l'est, pour près de deux ans et demi de voyage.

Jusqu'à Lyon, François m'accompagne. Il prépare lui aussi un long voyage à vélo, à durée indéterminée. Pour lui, le grand départ s'effectuera de Quito, en Equateur (tiens, tiens, c'est là-bas que Yves et moi avions terminé notre tour d'Amérique du Sud à vélo, il y a près d'un an et demi), le 3 septembre prochain : http://travelonbike.com/world/
C'est donc dans la bonne humeur que nous parcourons ces premiers kilomètres ensemble, entre nuages et éclaircies.
A Saint-Genis-Laval, tout près de Lyon, nous sommes accueillis par François (un autre, le François des Velharmonie : http://velharmonie.apinc.org) et son père. David et Laure, rencontrés au Chili il y a deux ans, sont aussi de la partie pour un beau barbecue.

Le lendemain, c'est seul que je reprends la route, en direction de Genève. Sur les petites routes du sud du massif du Jura, je franchis mes premiers cols et goute à la liberté du voyageur solitaire.
La Suisse sera le premier pays étranger de mon voyage et j'y effectue déjà une petite incursion jeudi soir, pour rendre visite à Brooks, un ami américain, rencontré à Clermont-Ferrand, alors qu'il donnait des cours d'anglais à l'université. Il travaille désormais sur les rives du Lac Léman, dans une ONG. J'arrive en centre-ville à l'heure où les rues sont bondées de touristes et d'hommes d'affaires. Je suis surpris par cet étalage de richesses, ce luxe débordant de chaque vitrine, de chaque voiture, de chaque bâtiment, de chaque rue, de chaque passant. Mais, si Genève est une ville de luxe et d'opulence elle est aussi cosmopolite et internationale et c'est une ville où les vélos ont une large place : des pistes cyclables sillonnent les rues du centre-ville et de nombreux cyclistes circulent en permanence.

Vendredi, je retrouve la France et roule jusqu'à Chamonix, sur de jolies petites routes ensoleillées. Le Mont-Blanc m'apparait au détour d'un virage, enveloppé de nuages. Mon objectif est d'en fouler la cime dans les prochains jours. La météo prévoit du beau temps. Tout semble parfait...
