Si On Jouait...

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Chassenet-Acy, du 02 au 26 mars 2008 : "Où sommes-nous ? ..."

Publié le mercredi 26 mars 2008

Par Yves.

Du 02 au 14/03 : Chassenet et alentours.
15/03 : Chassenet - Moulins : 75 km.
16/03 : Moulins.
17/03 : Moulins - La Charité sur Loire : 94,50 km.
18/03 : La Charité sur Loire - Bivouac avant Courtenay : 104 km.
19/03 : Bivouac avant Courtenay - Bivouac avant Chailly en Brie : 99,50 km.
20/03 : Bivouac avant Chailly en Brie - Acy : 95 km.
Du 21 au 26/03 : Acy et alentours.

De retour sur les Terres de Gaël, nous passons deux petites semaines à prendre du bon temps, entre retrouvailles familiales, amicales et... culinaires ! C'est chaque fois un grand plaisir de retrouver ces gens que nous avons laissé à leurs petites vies il y a plus d'un an et demi, ces gens qui nous ont parfois suivi avec envie, ces gens qui nous ont attendu aussi ; mais, bien vite, nous prenons conscience que nous avons du mal à reprendre la place que nous avions dans cette Réalité, Réalité qui n'est dorénavant plus nôtre du tout... Après avoir assisté au Carnaval brésilien monté par l'école de Thuret, nous reprenons la route, direction la Picardie et Acy où Yves est attendu par les siens, la fin "Acte II" du Voyage est proche...

Deux petites semaines à être invités tous les jours ou presque, par la famille de Gaël, les copains, deux petites semaines à retrouver les p'tits plaisirs de chez nous, le fromage et les bons p'tits plats... Nous prenons du bon temps et c'est chaque fois avec grand plaisir que nous débarquons chez les uns, chez les autres, pour de bonnes soirées "bouffe-discussion". Mais, bien vite, le constat suivant nous saute aux yeux : ces gens n'ont pas changé, la Vie ici non plus n'a pas changé ; nous, si. Finalement, nous avons l'impression que nous pouvons mettre bout à bout les Vies que nous avons quitté et retrouvé et que notre Voyage, lui, se situe dans une toute autre dimension, dans une toute autre Réalité, celle qui nous est désormais propre. D'où un certain mal-aise parfois comme lorsque, au beau milieu d'une conversation, nous décrochons totalement, laissant notre interlocuteur nous parler de choses et d'autres que nous ne comprenons/concevons pas ou plus... Et nous d'être ailleurs, à nos songes les plus beaux, là où nous nous sentons bien... Bien loin de nos véritables préoccupations du moment, l'interrogation principale et récurrente de la plupart de ces gens est la suivante : "Et maintenant ? Qu'est-ce que vous allez faire maintenant ? Il va bien falloir travailler un jour pour gagner votre vie, hein ?" Sin commentario...

Mardi 11, nous passons la soirée avec Fabien et Audrey que nous avions rencontré dans le PN Torres del Paine en janvier 2007 ; leur périple en 4X4 de Rio de Janeiro à l'Alaska en passant par Ushuaia a pris fin il y a quatre mois. Eux ont ressenti les mêmes choses à leur retour et ils s'en remettent difficilement, nous sommes sur la même longueur d'onde... Vendredi, nous assistons au Carnaval brésilien monté par les enfants de l'école de Thuret. Au programme, défilé aux couleurs du Brésil dans les rues du village, au son d'une batucada (formation de percussions) composée des plus grands, et ponctué d'arrêts "capoeira", très appréciée de tous. Le soleil et les parents sont de la partie, nous passons une agréable après-midi en compagnie de ces enfants qui nous ont suivi depuis notre départ et qui sont fiers de nous présenter une partie du travail effectué avec leurs institutrices.

Samedi 15 mars, un mois jour pour jour après notre départ de Quito, l'heure de reprendre la route a sonné : le carnaval passé, j'ai désormais hâte de rallier à mon tour la maison et de retrouver les miens. Je recharge donc Zorra et, après au-revoir et remerciements, je redonne les premiers coups de pédale sur les chemins de la Liberté. Je pars seul, Gaël me rejoindra le lendemain à Moulins. Il fait beau, je suis bien, à mon rythme, traversant ce monde qui respire encore l'Hiver. Je rentre bientôt dans l'Allier et arrive rapidement à Moulins ; là, je suis accueilli par Rachel, une amie musicienne (flûtiste de travers) qui nous a elle aussi suivi depuis le début (elle nous avait accompagné à l'aéroport !) et qui nous a dédicacé un morceau à chacun de ses bals (bals trad') ! Merci Rachel !

Dimanche, Gaël me rejoint et, lundi, nous repartons tous les deux vers la fin "Acte II" de notre Voyage. C'est sous le crachin que nous traversons les bocages bourbonnais puis berrichon, humides, aux jolis corps de fermes et aux belles batisses. Dans l'après-midi, nous quittons l'Auvergne et entrons en Bourgogne, nous voici dans la Nièvre après être passés dans le Cher. Nous bivouaquons à la Charité sur Loire. Le lendemain, c'est sous un beau ciel bleu et dans un froid glacial que nous redécollons, pour une étape à travers la Nièvre et l'Yonne, aux grandes forêts, bien humides elles-aussi. Le relief n'est pas bien accidenté mais les faux-plat en ligne droite et dans le vent nous usent tout autant. Nous nous arrêtons à la limite entre l'Yonne et le Loiret. Mercredi, nous poursuivons notre remontée vers ch'Nord, sortant de l'Yonne pour entrer en Seine et Marne et, par là-même, dans la région Ile de France, par le Pays de Brie. Ce jour encore, les faux-plat et le vent ont raison de nous, sans compter une crevaison à l'arrière ; Madrid - Acy sans crever, ça aurait été trop beau ! Jeudi 20 mars, le vent est tombé et nous entrons bientôt en Picardie et dans l'Aisne, à Nogent l'Artaud. Ca y est, je suis sur mes Terres, la maison n'est plus très loin... Nous y arrivons en début d'après-midi, avant que le vent, la pluie et le froid ne se ré-installent, c'est encore l'Hiver par ici...

Le soir et les jours qui suivent, je retrouve ma famille et quelques copains, notre emploi du temps et nos sentiments ressemblent à ceux de la quinzaine passée à Chassenet. Pour le moment, le Retour se passe plutôt bien, nous ne réalisons pas encore vraiment ce qu'il nous arrive, même si parfois nous nous demandons : "Où sommes-nous ?" ...

Retour au pays : Madrid (ESP) – Chassenet (FR) du 16 février au 1er mars 2008

Publié le mercredi 5 mars 2008

16/02 : Quito – Madrid (avion)
17/02 : Madrid
18/02 : Madrid – biv. avt Jadraque 94 km (5h15)
19/02 : Biv. avt. Jadraque – Almazan 107 km (6h00)
20/02 : Almazan – Arnedillo 107 km (5h50)
21/02 : Arnedillo – biv. avt Pamplona 99 km (5h10)
22/02 : Biv avt Pamplona (ESP) – St Jean Pied de Port (FR) 97 km (5h30)
23/02 : St Jean Pied de Port – Orthez 85km (4h50)
24/02 : Orthez
25/02 : Orthez – biv avt Houeillès 110 km (5h30)
26/02 : biv avt Houeillès – biv ap Fumel 109 km (5h30)
27/02 : biv ap Fumel – biv ap Brive 119 km (6h30)
28/02 : biv ap Brive – biv avt Merlines 95 km (6h00)
29/02 : biv avt Merlines – sommet du Puy de Dôme 65 km (5h10)
01/03 : sommet du PDD – Chassenet 52 km (2h26)

Par Gaël,

Les côtes portugaises s’étirent sous mes yeux en une immense langue de sable où viennent s’échouer les vagues de l’Océan Atlantique après un long voyage. Notre avion va bientôt amorcer sa descente sur Madrid pour nous déposer sur le sol européen et nous plonger au cœur de l’hiver, dans la grisaille et le froid. Je repense au jour de notre départ, où nous regardions avec excitation s’approcher les côtes du Nouveau Monde à travers les hublots. Le tapis vert de la forêt amazonienne nous avait alors accueillis. Aujourd’hui, c’est une nappe de nuages gris qui nous reçoit…

Le crissement des roues de notre avion qui se pose sur le tarmac de l’aéroport de Madrid Barajas me sort de mes songes. Nous voici de retour dans la vieille Europe…

Le contraste avec l'Amérique du Sud est net au sortir de l’aéroport. Les rues tristes et vides sont seulement peuplées de voitures qui reflètent la froide lumière des réverbères. Autour, les immeubles de verre et d’acier veillent silencieusement. Nous nous rendons dans le centre-ville et y sommes accueillis par Paco, de hospitality-club. Nous n’avons pas le temps de nous poser 5 minutes que nous l’accompagnons à une fête organisée par une de ses amies, pour son 34ème anniversaire. Nous découvrons alors la vie nocturne madrilène, animée, mais où règne l’apparence… Nous sommes quelque peu déboussolés…

Le lendemain, nous arpentons la capitale espagnole, balayée par un vent glacial. Dans ses rues grises, marchent d’un pas pressé des fantômes vêtus de noir. Les couleur semblent avoir disparues, effacées par la pollution ou l’absence de joie de vivre… L’Europe vivrait-elle en noir et blanc ? Les voitures congestionnent les principaux axes et la ville semble leur appartenir. La folie urbaine et le bordel organisé de La Paz est bien loin… Nous nous réfugions dans un café Juan Valdez pour y savourer un cafecito colombiano, dernière saveur d’outre atlantique… avant d’aller déguster des tapas et du bon jambon espagnol (il n’y a pas que des mauvais côtés à retrouver l’Europe !).

Lundi 18 février, nous réenfourchons Yana et Zorra, direction la maison ! 60 horribles kilomètres d’autoroute sous la pluie nous mènent à Guadalajara, où nous pouvons enfin quitter l’axe Madrid – Barcelona pour emprunter une petite route beaucoup plus calme et agréable.

Deux jours durant, nous cheminons entre les plantations d’oliviers et les champs labourés, sur un terrain vallonné. Je retrouve alors le plaisir de pédaler dans cette ambiance hivernale que je connais bien. Cela me rappelle mes sorties d’entraînement. Je retrouve les odeurs, l’humidité, la lumière grise filtrée par le bas plafond nuageux, le froid… La nature est figée par l’hiver, comme endormie. Pas un souffle d’air ne vient troubler l’immobile quiétude des branches dénudées qui bordent la route, dressées vers un ciel désolé. Uniformément gris, le ciel semble dégouliner sur les terres labourées, tristes et sans vie, qui, en attendant les beaux jours, absorbent cette eau dont elles sont si souvent privées. Bien emmitouflés et encapuchonnés, nous traçons notre chemin face à la pluie, espérant un répit qui ne vient jamais. Nous traversons une campagne déserte et silencieuse en ce mois de février et les rares villages que nous croisons présentent portes closes et volets fermés.

Mercredi, la pluie a cessé et nous roulons avec bonheur dans des paysages dénudés qui me rappellent parfois la Provence. Mais chaque courbe, chaque arbre, chaque côte, chaque rocher fait surgir en moi des images de notre parcours sud-américain. Après avoir gravit les pentes du col de Oncala, nous plongeons dans une vallée étroite où coule une petite rivière aux eaux vertes. Cette vallée est ponctuée de petits villages de pierre regroupés autour de leur église. Leurs petites rues tortueuses et escarpées fleurent bon le « chez nous ». Nous roulons ainsi jusqu’à Arnedillo où nous trouvons un lieu de bivouac idéal sous le porche d’une chapelle… même si nous serons éclairés toute la nuit par des sports lumineux !!!

Le lendemain, la Navarre nous ouvre ses portes et invite le soleil à redonner couleur et vie aux paysages. Les cerisiers en fleur resplendissent de blancheur tandis que le vert des oliviers tranche sur la terre rouge du sol espagnol. Nous pique-niquons au soleil en dégustant de vrais sandwichs tels que nous n’en avons pas mangé depuis longtemps, avec du bon pain, de la bonne charcuterie et du vrai fromage !!!

C’est vendredi 22 février que nous franchissons les Pyrénées pour retrouver la France. A la frontière, pas une pancarte ne signale le changement de pays, alors nous faisons une photo devant la pancarte de la route des fromages, meilleur symbole de notre cher pays ! 10 km plus loin, nous arrivons à Saint Jean Pied de Port, jolie ville fortifiée et étape importante sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle. A l’entrée de la cité, une pancarte indiquant « auberge pour les pèlerins » attire notre attention. Nous nous rendons donc au 55 rue de la citadelle et prenons nos habits de pèlerins pour frapper à la porte. Une voix énergique nous crie depuis le deuxième étage : « entrez, entrez, c’est ouvert ». Jeanine tient cette auberge d’une main de fer depuis plus de 20 ans et loge les pèlerins moyennant 7 €. Mais comme nous sommes de pauvres petits sans le sou, de retour à la maison après un long voyage, pour nous, ce sera gratuit ! Nous sommes heureux d’être accueillis ainsi lors première nuit en France. L’hospitalité existe aussi ici !

Samedi, nous rejoignons Orthez en traversant le Pays Basque. Les paysages défilent sous notre regard émerveillé et sous un soleil magnifique. Nous découvrons avec bonheur cette France qui nous semble presque étrangère… Nous redécouvrons ce beau pays avec un regard neuf, un regard d’enfant.

Orthez sera pour nous l’occasion de nous reposer un peu chez la famille Lafore, que nous avions rencontrée en Argentine et avec qui nous avions passé les fêtes de fin d’année à Ushuaia. Nous passons chez eux une journée et demie fort agréable, riche en bonne humeur et en bonne cuisine !

Lundi, nous reprenons la route et traversons les Landes, plates et monotones. Nos corps fatigués par un an et demi de voyage donnent des signes de faiblesse : le genou de Yves le fait souffrir, quant à moi, j’ai mal aux tendons des chevilles…

Après les Landes, c’est le Lot-et-Garonne, puis le Lot et la Corrèze que nous traversons, avant d’arriver dans le Puy de Dôme. Depuis Madrid, nous notons une grande différence par rapport à l’Amérique du Sud. Ici, nous avons l’impression de passer inaperçu, d’être même parfois invisible. Alors que sur les routes sud-américaines nous suscitions l’étonnement ou l’admiration, ici nous croisons des ombres qui semblent ne pas nous voir. Pas un encouragement, pas un coup de klaxon, peu de sourires… sommes nous de retour au pays des tristes ou dans une société où plus rien n’étonne ?

La météo, très clémente pour un mois de février, nous offre du soleil et des températures dignes d’un moi d’avril. Nous pédalons souvent en tee-shirt et ne voyons pas la neige redoutée. Vendredi, nous entrons en Auvergne dans la brume matinale. Les kilomètres défilent sans que je m’en rende compte, bercé que je suis par mes souvenirs qui s’entrechocs, et nous arrivons rapidement sur des routes qui me sont familières. Nous franchissons le col de la Moreno et arrivons au pied du Géant. Le volcan symbole de la région nous fait face, dressant sa masse sombre jusque dans les nuages. Même s’il ne tient pas la comparaison avec les géants des Andes, le Puy-de-Dôme reste pour moi un symbole, un repère, et nous voulons gravir ses pentes abruptes pour dormir ce soir en sa cime, pour notre ultime bivouac… Refoulés au pied de l’ascension (la route est interdite aux vélos), nous prenons les chemins de traverse et poussons nos montures sur des sentiers de randonnées pour rejoindre la route un peu plus haut, après le péage. Un vent violent et le brouillard nous accueillent au sommet, un temps à ne pas mettre une tente dehors… Nous trouvons alors refuge dans l’entrée des toilettes d’une salle réservée aux pique-niqueurs. Ce dernier bivouac se doit d’être inoubliable et nous nous cuisinons un petit festin à base de bons produits locaux : salade de chèvres chauds, aligot et charcuterie, Saint Nectaire, vin, fromage blanc et madeleines…

Samedi 1er mars, dernière étape… C’est dans la tourmente que nous descendons les pentes du volcan auvergnat pour rejoindre la place de Jaude de Clermont-Ferrand. Nous y retrouvons quelques amis venus nous accueillir pour un petit déjeuner amélioré et convivial. Nous poursuivons ensuite notre route jusqu’à Chassenet, chez mes parents. Terminus 1 du voyage. Nous resterons ici une quinzaine de jours avant de rouler encore jusqu’à Acy, chez Yves, en Picardie. Le retour à la vie sédentaire s’annonce difficile. Mais nous avons plein de projets et d’envies pour les mois à venir…

A bientôt…

Quito, du 11 au 15 février 2008 : derniers jours en Terre de rêves…

Publié le mercredi 5 mars 2008

Par Yves.

11/02 : Quito.
12/02 : Quito – Refuge du Cotopaxi en bus.
13/02 : Ascension du Cotopaxi (5897m, 5h30 A/R) puis retour à Quito en bus.
14/02 : Quito, Musée de la Mitad del Mundo.
15/02 : Quito.

De retour en Equateur, nous profitons de nos cinq derniers jours en Amérique du Sud, Terre de notre voyage et de nos rêves, avant de lui dire au revoir… et à bientôt ! Nous gravissons un ultime volcan, le Cotopaxi, passons à la Mitad del Mundo, retrouvons notre cyclo-pote catalan Jaime l’espace de quelques heures et, car il faut bien, nous nous préparons à nous envoler pour le Vieux Monde…

Lundi 11 février, après la mise à jour partielle du site, nous retrouvons nos amis cyclistes allemands, Martin et Nadine, rencontrés à Trujillo. Nous déjeunons ensemble et nous mettons d’accord sur l’ascension du Volcan Cotopaxi prévue le lendemain. Nous passons l’après-midi sur Internet et en ville avant d’aller au cinéma.

Mardi, sacs aux dos, nous partons tous les quatre de la gare routière, direction le Parc National Cotopaxi ; Virginie, pas en forme, reste à Quito. Après un bus, c’est un 4X4 qui nous conduit à 4500 m d’altitude. Là, nous gravissons les 300 m qui nous séparent du refuge André Rivas, situé juste en dessous du cône enneigé du Cotopaxi. Nous pique-niquons au soleil avant d’aller monter les tentes un peu en amont et d’aller repérer le début de la course. Le ciel, couvert, nuageux et menaçant le matin, s’est éclaircit et laisse apparaître le sommet alors que le soleil se couche… Un dîner avant qu’il ne disparaisse complètement et que le froid ne tombe, et nous nous réfugions dans nos tentes, dans nos duvets ; le départ est prévu à 2h30, la nuit va être courte… Vers 1h45, Martin nous réveille et nous annonce que ni Nadine ni lui ne monteront avec nous, pris du « soroche », le mal de la montagne, de l’altitude. Un petit déj’ et c’est parti, il est approximativement 2h30 (nous n’avons ni montre… ni altimètre !). Le ciel est étoilé, l’ascension s’annonce bien. Nous atteignons le glacier puis, équipés, nous attaquons les premières pentes, tracées « dret dans l’pentu » ! Les conditions de neige sont bonnes, nous rattrapons bientôt une première cordée, une deuxième, une troisième ; au total, ce sont 18 andinistes que nous dépassons, alors que le vent se lève et que des flocons se mettent à tomber. Plus nous nous approchons du sommet, moins nous y voyons. Il est approximativement 5h30 quand nous arrivons au bord du cratère, à 5897m, les premiers et en avance sur le soleil ! Nous sommes partis trop tôt, ou nous sommes montés trop vite… Une cordée nous rejoint bientôt et c’est en « dansant » que nous attendons les premières lueurs du jour, pour ne pas « mourir » de froid… Nous redescendons en moins d’une heure et demie sans avoir rien vu, replions le camp et, vers 8h45, nous sommes prêts à rejoindre Quito ; mais, nous ne rejoignons la capitale qu’en début d’après-midi car les 4X4 n’étaient pas nombreux au pied du refuge pour nous reconduire jusqu’à la route… Nous quittons Martin et Nadine, sûrement déçus de ne pas avoir pu nous suivre, avant de rentrer « chez nous », bien fatigués…

Le lendemain, nous retrouvons un autre de nos meilleurs cyclo-potes, « el gran barbudo », Jaime, alias « Bandi2 » ou encore Jesus pour les intimes… Ensemble, nous visitons le musée de la Mitad del Mundo, situé sur la ligne d’Equateur. Là, nous faisons des expériences incroyables comme faire tenir un œuf sur la tête d’un clou (de verdad !) ! Nous passons l’après-midi à nous délecter d’helado de paila, à flâner dans le centre de Quito, avant de passer notre dernière soirée sud-américaine, en compagnie de Jaime et de son hôte cycliste, bien sympa …

Vendredi 15 février 2008, c’est l’heure de mettre en cartons nos chères bicis et de faire nos sacoches ; triste journée, qui nous voit dire au revoir à Jaime, à Cristian qui nous a hébergé 15 jours durant, à Quito, à ma chère Virginie et à l’Amérique du Sud, Terre au grand cœur qui nous accueillait depuis plus d’un an et demi, déjà… 22h00, l’avion décolle sous les larmes du ciel qui accompagnent les nôtres, une aventure prend fin, une autre commence…

Bienvenue au pays des fleurs - Bienvenidos al paà­s de las flores : Tulcan (EQU) - Cali (COL) - Quito (EQU) : du 1er au 10 février 2008

Publié le lundi 11 février 2008

01/02 : Tulcan (EQU) - Pasto (COL) 104 km (7h31)
02/02 : Pasto - Laguna de la Cocha - Pasto 54 km (3h51)
03/02 : Pasto - fin du voyage 30 km (1h43)
04/02 : Pasto - Popayan (bus)
05/02 : Popayan
06/02 : Popayan - Cali (bus)
07-09/02 : Cali
10/02 : Cali (COL) - Quito (EQU) (bus)

Par Gaël :

Il y a quelques semaines, à Cuenca, j'avais rencontré un groupe de cinq Colombiens fort sympathiques : Paola, Guillermo, Ana, Alexender y Magda. Ils m'avaient parler de leur pays avec passion et enthousiasme, m'invitant à leur rendre visite chez eux, à Cali, pour découvrir toutes les richesses de leur pays. L'idée d'aller faire un tour en Colombie m'avait déjà traversé l'esprit et cette invitation m'a décidé à me rendre jusqu'à Cali.

Vue depuis l'Europe, la Colombie serait l'un des pays les plus dangereux de la planète, un pays en proie à une véritable guerre civile où les prises d'otages sont quotidiennes et la guerrilla omniprésente, tout comme le traffic de drogue. Ce portrait noir véhiculé par les médias du monde entier est cependant en totale opposition avec la rose description faite de leur pays par les Colombiens. La Colombie, c'est aussi, et je m'en suis rendu compte tout au long de ce voyage en terre sudaméricaine, la destination rêvée pour de nombreux Latinos : plages de rêve, paysages enchanteurs et Colombiens fort accueillants. Le même son de cloche est donné par tous les voyageurs, cyclistes ou non, ayant parcouru ce pays. Alors, entre ces deux portraits opposés, entre ce rose et ce noir, je voulais connaître toute la palette de couleurs qui peut exister dans ce pays, où, j'en suis sûr, toutes les nuances de l'arc-en-ciel sont bel et bien présentes.

C'est au pont international de Rumichaca que je mets le pied en Colombie, sous le soleil matinal de ce 1er février. Ipiales, la première ville que je croise sur ma route, est l'occasion pour moi de boire un premier café colombien et de prendre le pouls de ce pays, où ce qui me marque est la tranquilité et la modernité. La Colombie est l'un des pays les plus riches du continent et le contraste avec l'Equateur, qui n'est pas non plus un pays pauvre, est flagrant.

La route menant jusqu'à Pasto est une pure merveille, cheminant à flanc de montagne, dans de profondes vallées ponctuées de cascades et d'a-pics vertigineux. Sur le bord de la route, des fleurs de toutes sortes égayent mon chemin alors que je reçois de nombreux sourires et encouragements de la part des Colombiens, tous aficionados de la bici.

A Pasto, je suis accueilli par Carlos Fabian, sa femme Marcela, et leurs 3 filles. Carlos est un amoureux de la petite reine depuis toujours. Sportif de haut niveau durant sa jeunesse, il a participé plusieurs fois au tour cycliste de Colombie. Aujourd'hui, il voyage à vélo dès qu'il le peut. Il a déjà roulé jusqu'à Cartagena, sur la côte Caraïbe, ainsi qu'à Tumaco, sur la côte Pacifique et prévoit de partir d'ici peu en direction de la Patagonie, son rêve. Je reçois ici un accueil exceptionnel. On me soigne comme un membre de la famille...

Samedi, je me rends à la Laguna de la Cocha, second plus grand lac de Colombie, situé à 25 km à l'est de Pasto, à plus de 2800m d'altitude, dans un cadre montagneux de toute beauté. La route pour s'y rendre franchit un col à plus de 3200m et offre de superbes vues sur la ville de Pasto, dominée par l'imposant Volcan Galeras, qui crache encore quelques fumerolles après avoir explosé au début du mois de janvier. Mais en revenant à Pasto, Yana montre ses premiers signes de fatigue et son pneu arrière arrière éclate, fissuré sur plusieurs centimètres. Je repars après une réparation artisanale, encouragé par une famille colombienne qui m'offre une bouteille de soda et un drapeau colombien pour m'aider !

Le lendemain matin, je quitte Pasto dans le brouillard, accompagné par Carlos, qui a revêtu sa plus belle tenue de cycliste. Dès la sortie de Pasto, un petit col de 10 km me réchauffe. Mais arrivé au sommet, mon pneu arrière éclate, comme la veille ! Une deuxième fissure s'est ouverte ! Je soigne tant bien que mal la blessure de Yana, en collant des rustines à l'intérieur du pneu pour colmater les trous, aidé en cela par Carlos. 2 cyclistes à l'entrainement (et il y en a beaucoup ici en ce dimanche matin) s'arrêtent à notre hauteur pour voir si nous avons besoin d'aide. Nous discutons 5 minutes puis l'un d'eux s'éloigne pour revenir avec une assiette de riz - viande qu'il m'offre avec un grand sourire et y rajoute 2 pâtes de fruit de sa poche. Les Colombiens sont vraiment d'une générosité incroyable ! Nous repartons et nous élançons dans la descente où un glissement de terrain provoqué par les fortes pluies de derniers jours crée des bouchons.

11h45, km 30, mon pneu arrière siffle une nouvelle fois. Une troisième fissure s'est ouverte. Ce sera son dernier souffle. 3 cervaisons en 50 km, Yana me dit qu'elle n'en peut plus, qu'elle ne veut pas aller plus loin. Je ne sais que faire, je suis abattu : réparer au mieux et essayer de continuer ainsi jusqu'à Popayan, la prochaine ville où je pourrai peut être trouver un pneu de rechange ? Mais il me reste plus de 200 km à parcourir et au rythme d'une crevaison tous les 15 km, je suis pas rendu ! Autre possibilité : faire du stop jusqu'à Popayan et espérer trouver un pneu de rechange là bas, mais rien n'est moins sûr, et de là , il ne restera plus que 140 petits km à pédaler pour rejoindre Cali... Je me résouds alors à prendre une décision difficile et choisi de retourner à Pasto, chez Carlos, pour y laisser Yana, et continuer jusqu'à Cali en bus. Cette décision signifie que mon voyage à vélo autour de l'Amérique du Sud se termine là , au kilomètre 24 658. Je n'irai pas plus loin...

Carlos appèle sa femme pour qu'elle me rapatrie à la maison, puis s'en va poursuivre son entrainement. Je me retrouve alors seul, assis dans le fossé à côté de Yana, affalée dans le bas côté comme un animal blessé, à bout de force. C'est ici, dans ce virage, dans ce fossé, que se termine son voyage. Je ne peux retenir mes larmes en me remémorant quelques épisodes de ce voyage : le départ de Cayenne et la traversée de l'Amazonie brésilienne, l'arrivée à Rio de Janeiro sur la plage de Copacabana, l'accueil inoubliable reçu dans la province de Buenos Aires, l'arrivée au bout du monde, à Ushuaia, les kilomètres arrachés au vent de Patagonie, les journées de solitudes dans la puna de Atacama, la traversée de la Planète Lipez, les instants magiques où je m'envolais avec Yana, glissant comme dans un rêve sur le sel d'Uyuni, les nuits glaciales et pures de l'Altiplano bolivien, les rencontres marcantes aux quatre coins du continent, les kilomètres partagés avec Céline et François, Vanessa et Jaime... Toutes ces images, tous ces visages resteront gravés en moi à jamais, tout comme ces odeurs et senteurs, ces sourires et éclats de rires qui résonnent en moi comme la dernière note d'une douce musique que l'on ne voudrait jamais voir se terminer...

La chaleur du foyer de Carlos et Marcela me redonne le sourire. Merci à vous du fond du coeur...

Lundi 4 janvier 2008, toujours à Pasto, je participe à la grande journée mondiale de mobilisation contre les FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie). Plusieurs millions de Colombiens, dans toutes les villes de Colombie et 156 villes des 5 comtinents se sont réunis pour demander la fin des violences, la libération de tous les otages des FARC et la paix en Colombie. Dans les rues de tout le pays a résonné cet appel à la paix et la liberté : "No mas farc". Cette marche historique démontre toute la volonté de paix du peuple colombien qui refuse l'activité terroriste des FARC. Ce groupe armé crée en 1964 compterait 12 à 18000 membres en Colombie. Les FARC se définissent comme un groupe marxiste-léniniste et affirment représenter les pauvres du monde rural contre les classes riches de la Colombie Il s'opposent à l'influence des à‰tats-Unis en Colombie, à la privatisation de l'exploitation des ressources naturelles, aux multinationales et aux groupes paramilitaires d'extrême droite. Ils se financent à l'aide d'une multitude d'activités incluant la prise d'otages (750 estimées), l'extorsion, le détournement et la participation directe ou indirecte au marché de la drogue. Il y a 4 ans encore, la violence était quitidienne en Colombie et les prises d'otage fréquentes. Mais depuis que le Préident Uribe est au pouvoir, les choses se sont nettement améliorées : les routes ont été sécurisées et il est désormais possible de se déplacer en totale sécurité aux quatre coins du pays. Les terroristes sont pourchassés et reclus dans la forêt amazonienne.

Après avoir participé à cette grande marche pour la paix, je monte à bord d'un bus à destination de Popayan. Surnomée la ville blanche, Popayan est l'une des plus belles villes coloniales du pays. Je parcours ses rues animées et goûte aux spécialités locales : arepas (galettes de maïs), bandeja paisa, mangue verte que l'on déguste salée et arrosée de jus de citron, empanadas de pipian ou jus de fruits. Je rencontre Oscar, de Hospitaly club, étudiant en langue française, qui me fait découvrir la ville. Yves et Virginie nous rejoignent en soirée et nous allons manger une bonne crêpe dans une restaurent français tous ensemble.

Le lendemain, nous nous rendons jusqu'à Cali, où nous sommes accueillis par Magda, Ana et Alexander, que j'avais rencontré à Cuenca, en Equateur. Magda sera notre hôte pour les 3 jours que nous passerons là . Elle vit avec ses parents, dans un lieu paradisiaque à une dizaine de kilomètres au sud de la ville, au coeur de montagnes verdoyantes. Dans le jardin poussent goyaves, bananiers, orchidées, orangers et mandariniers... Nous profitons de ce cadre exceptionnel et découvrons mieux la vie colombienne. Au programme : découvertes culinaires, balades en forêt autour de chez Magda et baignade dans des rivières aux eaux cristallines aux pieds de superbes cascades, visite de la moderne Cali, soirée salsa et over-dose de fruits tropicaux !!! Cali, qui étire ses quartiers peuplés de 2,5 millions d'habitants le long de la vallée du Rio Cauca, est entourée par des plantations de canne à sucre, qui font la richesse de la région. Située à 1000 m d'altitude, entre les cordillère Centrale et Occidentale, Cali bénéficie d'un climat très agréable où les températures oscillent entre 20 et 35 degrés toute l'année !

C'est avec tristesse que nous devons quitter ce pays pour rejoindre Quito, dimanche 10 février, 5 jours avant de quitter le continent. Ces 10 jours passés en Colombie ont été magnifiques à tous points de vue. Malgré le passé difficile de ce pays et son actualité instable, la Colombie est un pays merveilleux, encore préservé du tourisme de masse, authentique et attachant. Je n'ai qu'un regret : ne pas l'avoir parcouru plus longuement à vélo. Je suis tombé amoureux de ce pays aux paysages fantastiques et aux habitants les plus chaleureux que je connaisse... et je n'ai qu'une hâte : y retourner !

Et sachez que le plus grand danger quand on va en Colombie, c'est de ne pas vouloir en repartir !!! QUE VIVA COLOMBIA !!!!!

Latacunga - Quito - Tulcan, du 27 janvier au 04 février 2008 : Quito, Terminus...

Publié le lundi 11 février 2008

Par Yves.

Yves et Virginie.
27/01 : Latacunga.
28/01 : Latacunga - Casa Quemada : 47 km.
29/01 : Casa Quemada - Quilotoa : 36,50 km.
30/01 : Tour de la Laguna Quilotoa (4h30 rando), retour à Latacunga en bus (2h30) + Latacunga - Bivouac "Cotopaxi" : 11 km.
31/01 : Bivouac "Cotopaxi" - Quito : 83,50 km.
01-02/02 :Quito.
03/02 :Quito - Otavalo - Ibarra en bus.
04/02 :Ibarra - Tulcan en bus.

Après une ultime remontée dans la Cordillère jusqu'à la Laguna Quilotoa, superbe, nous rallions Quito... TERMINUS du tour d'Amérique du Sud "Si on jouait"... Deux jours dans la capitale et nous roulons vers le nord du pays, en bus, repassant pour l'occasion dans l'hémisphère nord.

Dimanche 27 janvier 2008, nous fêtons nos un an et demi de voyage autour d'une glace délicieuse, puis nous nous séparons une nouvelle fois, "¡ Que te vaya bien Amigo, cuidate !"

Lundi, nous mettons le cap plein ouest, direction la Laguna Quilotoa, lac de cratère flanqué à 3854 m d'altitude. Dernière remontée dans la Cordillère pour moi, c'est avec une certaine nostalgie que je me lance dans les lacets du premier des deux cols qui nous mèneront à la lagune... Les reliefs nous entourant sont couverts de nuages menaçants, mais la pluie ne nous rattrape qu'en fin d'après-midi alors que nous sommes dans les derniers kilomètres du col, traversant des vallées de toute beauté, inhabitées ou presque ; ici, les gens vivent dans des "casas de paja", des maisons de paille, typiques de la Sierra depuis Alausi. De l'extérieur, elles paraissent toutes petites, bivouaquer dans une telle habitation serait génial...

Nous entrons donc dans un nuage, de brouillard puis de pluie, qui nous trempe jusque aux os en quelques secondes ; impossible de planter la tente par ici, nous n'avons pas d'eau pour cuisiner, nous passons le col et redescendons dans le froid, n'y voyant pas à cinq mètres, le visage cinglé par la pluie qui nous glace désormais, jusqu'au sang... Nous arrivons à Casa Quemada, hameau où on nous dit que nous pouvons dormir dans la maison communale ; une réunion de village s'y tient, nous entrons afin de profiter de la chaleur dégagée par ces femmes et ces hommes de la montagne, des indiens portant des ponchos de laine magnifiques et des chapeaux vert-chasse ornés d'une plume de paon. Nous attendons que la séance se termine, tentant d'oublier le froid qui nous tétanise en nous laissant berçer par cette langue Quichua que nous ne comprenons pas... Enfin, plus d'une heure et demie après notre arrivée, l'assemblée se disperse, on vient nous saluer et, bien vite, on nous propose d'aller dormir dans... une casa de paja, où nous serons mieux que dans la salle communale ! Nous acceptons sans hésiter et nous nous retrouvons dans le "bivouac de nos rêves", beaucoup plus grand que nous ne l'imaginions ! Là , on nous allume un feu qui nous réchauffe le coeur et, une fois changés, nous partageons une soirée inoubliable en compagnie de notre famille d'acceuil, des gens et des enfants incroyables, prêts à tout pour notre bien-être... MERCI à eux !

Le lendemain, après une bonne nuit et une assiette de beignets tous frais préparés par Gloria, la mère, nous quittons nos hôtes avec regrets et touchés par leur acceuil, puis ré-enfourchons nos bicis dans la brume, qui semble ne pas s'être levée depuis hier... Nous redescendons dans la vallée avant de remonter le second col et d'arriver à Quilotoa, entre bruine et brouillard, petit village accroché sur un des flancs du cratère hébergeant la Laguna. Là , nous sommes acceuillis par José, sa femme et 5 de leurs 8 enfants, un contact reçu de Marco et Yvonne (rencontrés à Trujillo). On nous loge dans une chambre immense et on nous allume le poële à bois car, à 3850 m d'altitude et avec ce temps là , ça caille pas chaud ! Dans l'après-midi, nous allons jetter un oeil à la Laguna, émeraude, dont nous ferons le tour le lendemain.

Mercredi, 7h00, nous voici sur la crête du cratère (300 m au-dessus de la Laguna) dont nous faisons le tour en près de 4h30 de belles montées et descentes. De bon matin, le ciel est presque dégagé et nous aperçevons les Illinizas au loin. La lagune, avec ses 400 m de fond, s'est formée suite à la dernière éruption du Volcan Quilotoa en 1797 ; son eau est sulfurée et un peu salée. La brume nous attend une heure avant la fin de la boucle, nous accélerons le pas et rentrons pour le déjeûner. Puis, nous saluons nos hôtes et prenons un bus qui nous ramène à Latacunga.

De là , nous avançons vers Quito et nous bivouaquons dans un bois d'eucalyptus avec vue sur le Volcan Cotopaxi, qui se laisse entrevoir avant de redisparaître dans les nuages. C'est mon dernier bivouac en Amérique du Sud (sans mes parents...), dur de se dire ça...

Jeudi 31 janvier 2008, c'est le coeur sérré que je démonte la tente pour la dernière fois avant l'Espagne et que j'enfourche la Zorra, pour cette ultime étape de notre boucle sud-américaine. Rentrer dans Quito à vélo n'a aucun intérêt en soi, d'autant que le trafic est de plus en plus dense, mais c'est la Dernière, alors... Néanmoins, je me souviendrai de ce jour : après un petit col, je casse ma seconde paire de lunettes de soleil du voyage - la guigne !- et la pluie se met à tomber avant midi ; en début d'après-midi, nous évitons une truie énorme qui a sauté d'un véhicule et qui est affalée sur la route, avant de nous reprendre la pluie dans un autre petit col menant à Quito, entre les gazs d'échappement et les attaques de chiens méchants (mais bête surtout !) ; dans la descente du col, nous passons à côté d'un accident horrible où on annonce plusieurs morts, avant d'arriver dans le centre historique par des routes de plus en plus défoncées ; klaxonnés par les Troley-bus, je termine l'étape, et par là -même mon voyage, en beauté, crevant et cassant deux rayons à 100 m de la Place Principale ! Nous voici donc à Quito, ma dizième capitale, "Terminus du train", avec près de 22000 km au compteur, je ne réalise pas encore... Un goûter bien mérité et nous retrouvons Cristian, un ami de Marco et Yvonne (encore, MERCI à eux pour ces précieux contacts !), quiteño qui a déjà voyagé à vélo et qui travaille dans la fondation Cyclopolis, dont l'objectif est de promouvoir l'usage du vélo dans l'agglomération de Quito (une "soeur" de Vélo-cité 63 !) ; un autre signe de la richesse du pays... Il nous conduit chez lui, nous laisse la clé et file, nous ne le reverrons pas avant de partir vers le nord !

Vendredi et samedi, nous visitons Quito, sous la pluie puis sous le soleil, jolie capitale construite toute en long et divisée en vieille et nouvelle villes. Un cinéma vendredi soir, la montée impressionnante dans les flêches de la basilique où nous rencontrons Nicolas et Ingrid (belges arrivés ici le 31 et qui partent pour Ushuaia, à vélo, en un an), une fin d'après-midi "danses traditionnelles d'Equateur" et nous voilà prêts à visiter le nord du pays, en bus, par "manque de temps"...

Dimanche, nous voyageons donc à Otavalo où nous flânons sur le marché artisanal, avant de nous rendre à Ibarra, jolie petite ville construite au pied du Volcan Imbabura. Le lendemain, après nous être promenés dans le centre-ville et nous être délectés d'une "helado de paila", glace fabriquée à base de jus et de glace à partir d'un procédé bien particulier, nous rallions Tulcan, 3000 m d'altitude, où le Carnaval, véritable "guerrilla" à l'eau et à la mousse (en bombe) fait rage...

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